En Afrique du Sud, le parti de Jacob Zuma dans l’alliance de l’opposition  

Alors qu’il continue de contester les résultats des élections du 29 mai, Jacob Zuma, ancien président sud-africain, a annoncé le ralliement de son parti dans une alliance de l’opposition pour coordonner la résistance au gouvernement en Afrique du Sud.

 

Le député a déclaré qu’il rejoindrait un groupe parlementaire nouvellement formé comprenant plusieurs partis d’opposition, pour la plupart de gauche, représentés au Parlement. Appelé « Progressive Caucus », il est actuellement dirigé par le parti radical de gauche Economic Freedom Fighters (EFF), qui a remporté 39 sièges au nouveau parlement.

 

Malgré le « vol à la lumière du jour » des votes, les partis qui font partie de cette alliance ont obtenu environ 30 pour cent à l’Assemblée nationale, a déclaré le porte-parole du parti uMkhonto weSizwe (MK), Nhlamulo Ndhlela. Cela, a-t-il dit, « nous place dans une position très forte pour continuer à lutter pour la libération économique totale des peuples noirs et africains ».

 

Ndhlela lisait un extrait d’une déclaration au nom de l’ancien président de 82 ans. Zuma, une expression sévère sur le visage, restait assis tranquillement pendant la lecture de son discours, répondant de temps en temps aux questions de la presse.

Lire aussi :  Afrique du Sud : au moins 15 morts dans un accident de la route à Pretoria

 

« Les élections de 2024 ont été truquées », a déclaré Ndhlela. « Nous avons demandé à notre équipe juridique de prendre toutes les mesures possibles, tant en Afrique du Sud qu’à l’échelle internationale, pour garantir que justice soit rendue ». Et il a ajouté : « Au moment opportun, nous appellerons notre peuple à manifester son mécontentement face à toutes ces injustices de manière pacifique, dans la rue, au tribunal et même au Parlement jusqu’à ce que nos griefs soient pris en compte ».

 

Le député est arrivé troisième aux élections, remportant 14,6 pour cent des voix et 58 sièges parlementaires.

 

«Une alliance contre nature»

 

Vendredi, le parti a boycotté la première séance parlementaire du pays au cours de laquelle l’ennemi politique de longue date de Zuma, Cyril Ramaphosa, a été réélu président pour un second mandat.

 

Bien que le parti ait déclaré que ses députés seraient désormais présents à l’Assemblée nationale, il a également annoncé qu’il avait lancé une nouvelle action en justice pour contester les résultats « truqués » des élections.

 

Il avait déjà saisi les tribunaux pour tenter d’empêcher la réunion du nouveau parlement et déposé une plainte distincte pour des irrégularités électorales présumées. Plusieurs autres partis ont également porté plainte auprès du corps électoral du pays et déposé des plaintes juridiques.

Lire aussi :  Le PIB chute lourdement au 4T2022 en Afrique du Sud

 

Ramaphosa, qui sera investi le 19 juin, dirigera ce qu’il appelle un gouvernement d’unité nationale après que les élections de mai n’aient produit aucun vainqueur absolu. Le gouvernement d’unité nationale comprend l’Alliance démocratique (DA) de centre-droit, le Parti nationaliste zoulou Inkatha Freedom Party et d’autres groupes plus petits.

 

L’accord a reçu un accueil glacial de la part des partis d’opposition. Ndhlela, au nom du député, a dénoncé la nouvelle coalition comme une « alliance contre nature dirigée par les Blancs » qui « doit être écrasée avant de trouver ses marques ». Il a accusé l’ANC de « coucher avec les racistes ».

 

L’EFF a rejeté l’idée de travailler avec des rivaux ayant des opinions politiques radicalement différentes, comme le DA. Zuma est un rival acharné de Ramaphosa depuis qu’il a été évincé par son propre parti, le Congrès national africain (ANC), sous un nuage d’allégations de corruption en 2018 et remplacé par Rampaphosa.

Le nouvel accord gouvernemental n’a « aucun sens », a déclaré Zuma.

 

AFP/Sahutiafrica

Les plus lus

Est de la RDC : l’UA appelle au retrait de rebelles du M23 à Bukavu

Les combattants du M23 alliés à des troupes rwandaises ont pris le contrôle dimanche de Bukavu, grande ville de l'est de la République démocratique...

Ouganda : un ministre échappe à une tentative d’assassinat

Katumba Wamala, ministre ougandais des Travaux publics et des Transports, échappe à un attentat à Kampala, capitale de l’Ouganda, ce mardi 1er juin. Il...

RDC/Kinshasa : Jubilé d’émeraude de l’abbé Santedi: «l’engagement de jeunes pour une société de l’excellence»

Face aux enfants, dimanche 27 juillet 2025 dernier, dans la grande salle de la paroisse Saint Augustin de Lemba, l'abbé Léonard Santedi dans sa...

Libye : des manifestants prolongent le délai de fermeture des installations pétrolières et gazières

Vendredi 12 janvier, des manifestants libyens ont prolongé le délai de la fermeture de deux installations pétrolières et gazières, situées près de Tripoli, capitale...

Maroc/Football : Noussair Mazraoui signe à Manchester United

A 26 ans, Noussair Mazraoui, international marocain, rejoint le Manchester United pour les cinq prochaines saisons.   Son transfert a été conclu après plusieurs semaines de...

Sur le même thème

Madagascar : les manifestants ne faiblissent pas la pression

Ce mardi 30 septembre, des centaines de protestataires se sont rassemblés à Antananarivo pour réclamer le départ du président Andry Rajoelina, essuyant des tirs...

Burkina Faso : Ibrahim Traoré confirme l’interpellation de six fonctionnaires ivoiriens

Dimanche 28 septembre, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la transition au Burkina Faso, a confirmé l’interpellation de six fonctionnaires ivoiriens pour avoir franchi...

Présidentielle au Cameroun : début de la campagne électorale

Au Cameroun, où le scrutin présidentiel est prévu le 12 octobre, la campagne électorale s’est offerte ce week-end avec les rassemblements politiques des principaux.   Le...

Ouganda : Bobi Wine célèbre la validation de sa candidature à la présidentielle

En Ouganda, l’opposant Bobi Wine a célébré la validation de sa candidature pour la présidentielle de janvier 2026 lors d’une manifestation à Kampala, la...

RDC : «je continue de considérer Vital Kamerhe comme un allié…» (Félix Tshisekedi)

Au lendemain de la démission de Vital Kamerhe à la tête de l’Assemblée nationale, le président Tshisekedi assure qu’il le considère toujours « comme son...