Au Zimbabwe, les prix de produits de consommation ont passé la barre de 131,7% en mai, contre 96,4% en avril. C’est ce qu’a rapporté le bureau national des statistiques mercredi 25 mai. Un taux d’inflation record dû à la crise profonde qui a entraîné un retrait des bailleurs internationaux en raison d’une dette insoutenable.
La flambée des prix ravive le souvenir douloureux de l’hyperinflation qui a frappé le pays il y a une décennie, lorsque la hausse des prix était devenue hors de contrôle et que la banque centrale a émis un billet de 100 billions de dollars, devenu depuis un objet de collection.
La semaine passée, le gouvernement zimbabwéen a tenté d’atténuer cette hausse spectaculaire en suspendant les droits de douanes à l’importation pour les produits de base comme l’huile, le riz et la farine.
Les entreprises locales font face à d’importantes pénuries de devises étrangères qui complique l’achat à l’étranger de fournitures destinées à la production locale. L’invasion de l’Ukraine a aggravé la situation, la Russie étant le principal fournisseur de blé et de produits chimiques utilisés dans l’agriculture locale au Zimbabwe.
Le Zimbabwe, ancien grenier à céréales de l’Afrique australe, se débat depuis une vingtaine d’années dans une crise économique sans fin, née de l’expulsion de force des fermiers blancs lors d’une réforme agraire contestée et aggravée par une corruption généralisée.
Ali Maliki

