Au Soudan, au moins quarante-cinq civils ont été tués lors d’une attaque des paramilitaires contre la ville d’Al-Malha, au Nord-Darfour, selon le Comité local de résistance.
Dans un communiqué publié samedi, des militants pro-démocratie, affirment qu’il s’agit d’un premier bilan. Le Comité local de résistance, un groupe pro-démocratie qui documente et organise l’entraide entre habitants, a fourni une liste préliminaire des victimes du massacre d’Al-Malha. Cette attaque est attribuée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Jusque-là, quinze personnes restent non identifiées.
En fait, après les succès de l’armée dans le centre du Soudan, les analystes estiment que les FSR sont désormais déterminés à consolider leur emprise sur le Darfour. Pour l’heure, la vaste région du Darfour (ouest) est presque entièrement sous le contrôle des FSR, qui n’ont cependant pas réussi à s’emparer d’El-Facher. Elles ont subi un revers vendredi lorsque l’armée a repris le palais présidentiel à Khartoum, la capitale.
Jeudi, les FSR, en guerre contre l’armée depuis avril 2023, ont affirmé avoir pris cette ville située au pied d’une région montagneuse. C’est à 200 kilomètres d’El-Facher, capitale du Darfour-Nord. Elles affirment avoir encerclé l’ennemi laissant plus de 380 morts.
Au Soudan, la guerre a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes. Elle a plongé cinq régions du pays dans la famine, dont trois camps de déplacés près d’El-Facher. Dans les camps de Zamzam et Abou Shouk, qui abritent environ un million de déplacés, des observateurs locaux ont rapporté des files d’attente de plusieurs jours pour l’eau potable en raison du siège imposé par les FSR.
Al-Malha est l’une des villes les plus septentrionales du vaste désert entre le pays et la Libye, où les Forces conjointes et les FSR mènent depuis des mois des opérations croisées. Il s’agit également d’un point clé d’une route désertique reliant le Nord-Darfour à l’Etat du Nord, contrôlé par l’armée.
Selon la presse locale, une coalition de groupes armés connue sous le nom de Forces conjointes, combattant aux côtés de l’armée, a repoussé les attaques des FSR et coupé des voies d’approvisionnement essentielles aux paramilitaires, en provenance du Tchad et de la Libye.
Josaphat Mayi

