En signant un mémorandum d’entente pour l’approvisionnement des minerais critiques au niveau de l’Union européenne, le gouvernement congolais veut contrer la contrebande de minerais dans l’est de la RDC, où le M23 et les troupes rwandaises occupent plusieurs territoires.
D’après Kizito Pakabomba, ministre congolais des Mines, il s’agit d’assurer la traçabilité des minerais congolais via les moyens économique et diplomatique. Il indique que « la requalification de 38 sites miniers, situés à Rubaya et Nyabibwe vise à perturber les circuits d’approvisionnement illégaux du Rwanda ».
Le 12 février dernier, le ministre congolais des Mines a signé un arrêté identifiant les zones rouges. Selon cette décision, la désactivation de ces sites miniers est prononcée pour une durée initiale de six mois.
Cependant, une possibilité d’audit indépendant est prévue, que ce soit à l’initiative du ministère des Mines, ou à celle d’organismes internationaux tels que l’ONU, l’OCDE, la CIRGL ou tout autre organisme impliqué dans la mise en œuvre des standards de certification minière.
Le ministre Kizito Pakabomba avance des chiffres impressionnants des exportations rwandaises illégales de cassitérite, coltan et Wolframite. Selon lui, le Rwanda gagne 10 millions Usd par mois grâce à ces activités de contrebande. Des exportations illégales d’or rapportent à Kigali jusqu’à 80 millions Usd mensuels.
Depuis la résurgence du M23, Kinshasa accuse le Rwanda de l’agresser à travers les rebelles du M23 dans l’est de la RDC, riche en ressources minières, pour faire main basse à minerais. Les combats se poursuivent, tandis que le M23 continue de gagner du terrain après la prise de Goma et de Bukavu, deux principales villes de la région.
Ephraïm Kafuti

