Cellou Dalein Diallo, ex-Premier ministre devenu leader de l’opposition guinéenne, doit répondre des faits de corruption. C’est ce qu’a annoncé Ali Touré, procureur de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief), à la télévision publique mardi 15 février. L’ancien Premier ministre est soupçonné de corruption concernant la vente de deux avions. Mais aussi d’autres biens appartenant à la compagnie aérienne nationale.
Selon le procureur, « certains fonctionnaires ont commis des infractions graves à la loi pénale lors du transfert de ces actifs de l’État ». Il cite M. Diallo, qui était ministre des Transports au moment des faits, ainsi que Cheick Amadou Camara, alors ministre de l’Économie et responsable d’un service de privatisation.
Mais le parti de Cellou Dalien Diallo a nié ces accusations, qui remontent à 2002 lorsque les actifs de la compagnie Air Guinea, en faillite, ont été vendus. L’UFDG, parti d’opposition de l’ancien Premier ministre, affirme que « M. Diallo et les autres personnes citées n’ont rien à se reprocher ». Pourtant, Cellou Dalien Diallo est poursuivi pour de faits de détournement dans l’attribution de marchés publics, corruption, enrichissement illicite, détournement de fonds publics et complicité.
« Les nouvelles allégations à l’encontre du chef de l’opposition guinéen, concernent la vente d’un Boeing 737, d’un avion à turbopropulseur Dash 7. Mais aussi du siège de la compagnie d’aviation à Conakry, capitale de la Guinée, et des installations de l’aéroport », a déclaré le procureur.
Cellou Dalien Diallo a été Premier ministre entre décembre 2004 et avril 2006. Mais depuis le 5 septembre dernier, le colonel Mamady Doumbouya a pris le pouvoir après un putsch. Le chef de la junte militaire, qui promet d’organiser les élections censées ramener les civils au pouvoir, dit avoir fait de la lutte contre la corruption sa priorité.
Joe Kashama

