Lundi 4 juillet, les autorités guinéennes ont décidé de mettre fin aux activités de deux géants miniers liées à un immense gisement de fer dans le sud-est du pays. Il s’agit de la société anglo-australien Rio Tinto Simfer et de Winning Consortium Simandou.
La junte au pouvoir reproche aux deux sociétés de manque volonté dans la création d’une co-entreprise avec l’Etat. C’est une décision qui est prise après que le gouvernement a, mi-juin, imposé un délai de quatorze jours pour créer de co-entreprise chargée de l’exploitation du gisement de fer.
Selon une correspondance de Moussa Magassouba, ministre de Mines, « ces deux sociétés ne manifestent pas de volonté à privilégier un partenariat gagnant-gagnant nécessaire au co-développement du projet Simandou ».
« L’inertie que vous entretenez autour de la formulation des modalités de la participation de l’Etat dans le capital social de la co-entreprise compromet dangereusement la mise en œuvre effective du projet », rapporte le document relayé par l’AFP. D’après le ministère, « malgré les larges concessions de l’Etat guinéen, le blocage continue d’être entretenu par vos deux sociétés ».
En mars dernier, le gouvernement guinéen et Rio Tinto Simfer ainsi que Winning Consortium Simandou ont signé un accord tripartite pour une durée de 35 ans pour l’exploitation du site de Simandou, un des plus vastes gisements de fer au monde. L’accord prévoit la construction d’un chemin de fer d’environ 670 km censé relier le corridor minier à un port minéralier sur la côte guinéenne dans le sud de Conakry.
Les travaux doivent arriver à terme en décembre 2024. Et la première production commerciale devrait voir le jour au plus tard le 31 mars 2025. L’ensemble du projet représente plusieurs milliers d’emplois directs.
En Guinée, l’exploitation est entravée, depuis des années, par les litiges sur les droits miniers et les soupçons de corruption. Mais aussi l’ampleur des investissements à réaliser dans une région enclavée.
Trésor Mutombo

