En Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara a écopé d’une peine de 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité dans le procès du massacre du 28 septembre mercredi 31 juillet.
En boubou jaune et vert, Dadis Camara est resté calme à l’annonce de la sentence aux côtés de ses coaccusés. L’ex-chef de la junte est rattrapé par son passé. Bien plus, pour sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre 2009 qui avait plongé toute la Guinée dans le choc. Sept autres accusés ont aussi été condamnés à des peines s’élevant jusqu’à la prison à perpétuité.
Homme fort de la Guinée entre 2008 et 2010, M. Dadis a été aussi reconnu coupable pour « son intention de réprimer la manifestation », mais aussi pour avoir manqué à son devoir de sanctions contre les auteurs du massacre. Sur le banc des accusés, il a répondu à l’une litanie de crimes, d’assassinats, de violences sexuelles, d’actes de torture, d’enlèvements et de séquestrations.
S’il encourait la perpétuité, le tribunal a requalifié les faits en crimes contre l’humanité après la saisine en ce sens des avocats des victimes pendant le procès. Entre-temps, le tribunal a aussi annoncé des réparations pour les victimes, allant de 200 millions de francs guinéens (plus de 20.000 euros) à 1,5 milliard de francs guinéens (plus de 160.000 euros), selon les cas.
Le capitaine Moussa Dadis Camara est condamné pour des faits qui remontent en 2009. Le 28 septembre. Ce jour-là, un rassemblement de l’opposition avait été réprimé dans le sang. Bilan ? Au moins 156 personnes tuées par balle, au couteau, à la machette ou à la baïonnette, selon le rapport d’une commission d’enquête internationale mandatée par les Nations unies. Ce document a fait aussi état des centaines de blessés et d’au moins 109 femmes violées.
La Rédaction

