Ce jeudi 31 mars, la Haute cour du Kenya se prononce sur les modifications constitutionnelles proposées par le président kényan Uhuru Kenyatta avant les élections générales en août prochain. Ces réformes communément appelées Building Bridges Initiative (BBI), visent à élargir l’exécutif. Et vont constituer le plus grand changement apporté au système politique du pays.
En plus de créer de nouveaux postes au sein de l’exécutif, les changements radicaux vont faire passer le nombre de parlementaires de 290 à 360.
Selon les analystes, la décision de la justice va secouer les alignements politiques entre les petits partis, qui évaluent leurs options avant les élections présidentielles et parlementaires dans quatre mois. Et que de nouvelles alliances se créent en vue de se partager le butin en période électorale.
« Si le tribunal – dirigé par la première femme juge en chef du Kenya, Martha Koome se prononce en faveur du BBI, Kenyatta et Odinga tenteront probablement de modifier la constitution après les élections d’août », a dit Charles Kanjama, avocat constitutionnel à l’AFP.
Il signale que si la cour rejette les propositions en partie ou en réalité, alors elle donnera un capital politique supplémentaire à ceux qui se sont opposés au processus.
« Il est peu probable que la constitution soit amendée avant les élections parce qu’il n’y a pas assez de temps, mais la question de savoir si elle peut être amendée en même temps que les élections générales ou peu après… (devient) ouverte », a-t-il ajouté.
Ces dernières années, le calendrier des réformes a suscité des spéculations auprès du vice-président kényan William Ruto qui accuse Uhuru Kenyatta de vouloir rester au pouvoir en créant le poste de Premier ministre dans le cadre d’un accord de partage du pouvoir, si Raila Odinga remporte l’élection présidentielle.
Ali Maliki

