Vendredi 27 juin, le gouvernement kenyan a condamné le pillage d’un entrepôt national d’engrais lors des manifestations violentes de cette semaine.
Le gouvernement explique que cet acte pourrait mener à une crise catastrophique dans la production alimentaire. Dans un communiqué publié le même jour, le ministère de l’Agriculture a déclaré que plus de 7.354 sacs d’engrais, d’une valeur d’environ 230.000 Usd, ont été volés dans un entrepôt national du comté de Meru, près de Nairobi.
« Des engrais ont été pillés, des engrais censés aider les agriculteurs pendant cette saison des semis », a déclaré le ministre. Dans ce communiqué, il qualifie ce vol d’attaque directe contre la sécurité alimentaire du Kenya.
Pour lui, leur « perte de menace de déclencher une crise catastrophique tant pour les cultures vivantes que pour les cultures de rente ».
Mercredi, des milliers de jeunes sont à nouveau descendus dans la rue dans plusieurs villes kényanes pour rendre hommage aux victimes du mouvement citoyen inédit de 2024, dont l’apogée fut la prise du Parlement le 25 juin, durement réprimée.
Au départ pacifiques, les rassemblements ont tourné vers la violence, faisant plus de saisir des morts dans le pays selon l’ONG Amnesty International.
Des affrontements ont opposé les jeunes et la police notamment dans le centre-ville de la capitale, où de nombreux commerces ont été détruits. Jeudi, le ministre de l’Intérieur Kipchumba Murkomen a condamné les manifestations, les qualificatifs de terrorisme déguisé en contestation. Mutahi Kagwe, ministre de l’Agriculture, a appelé à arrêter et à poursuivre les coupables, alors que Human Rights Watch (HRW) a souligné que les autorités kényanes doivent être tenues responsables des décès.
« Les autorités kényanes ne devraient pas traiter les manifestants comme des criminels », a expliqué Otsieno Namwaya, directeur associé pour l’Afrique à Human Rights Watch.
Au Kenya, Meru est l’un des principaux comtés du pays pour l’agriculture. Il s’agit d’ un secteur contribuant à environ 21 % du PIB.
Josaphat Mayi

