En Libye, Najla al-Mangoush, ministre des Affaires étrangères, a été suspendu après son échange avec Eli Cohen, son homologue israélien, dimanche 27 août.
A Tripoli, cet échange suscite colère et incompréhension. Pour calmer la tension, la ministre a été suspendue du gouvernement.
« Au cours d’une rencontre inédite à Rome la semaine dernière, j’ai parlé avec la ministre des Affaires étrangères libyennes, Najla al-Mangoush, du grand potentiel que représentent les relations entre les deux pays », a déclaré le ministre israélien, dans un communiqué dimanche.
Tout juste après cette annonce, des mouvements de protestation spontanés ont éclaté dimanche à Tripoli et dans plusieurs banlieues de la capitale en signe de refus d’une normalisation avec Israël, puis gagné d’autres villes où des jeunes ont coupé les routes, brûlé des pneus et brandi le drapeau palestinien.
Dans la soirée, le ministère libyen des Affaires étrangères a précisé que « ce qui s’est passé à Rome a été une rencontre fortuite et non officielle, au cours d’une rencontre avec son homologue italien, qui n’a comporté aucune discussion, accord ou consultation ».
Tout en dénonçant une exploitation par les médias hébraïques et internationaux de cet incident qu’ils tentent de présenter comme une réunion ou des pourparlers, le ministère affirme que Mme al-Mangoush a rappelé « de manière claire et sans ambiguïté la position de la Libye à l’égard de la cause palestinienne ».
Malgré cet éclaircissement, la cheffe de la diplomatie libyenne a été suspendue du gouvernement. Le conseil présidentiel (CP) libyen, un organe doté de certains pouvoirs exécutifs et issus du processus politique soutenu par l’ONU, avait demandé des éclaircissements au gouvernement, dimanche soir.
Fervent soutien à la cause palestinienne, la Libye n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël. C’est depuis l’ère Kadhafi. En effet, après sa prise de pouvoir en 1969, Mouammar Kadhafi, avait confisqué les biens de quelques centaines de juifs, qui vivaient dans le pays et les avait expulsés, tout en détruisant leurs synagogues.
Dinho Kazadi

