Le Mali ouvre une enquête pour «terrorisme» sur des djihadistes et séparatistes

Au Mali, la justice a annoncé l’ouverture d’une enquête sur plusieurs séparatistes ethniques et dirigeants djihadistes liés à Al-Qaïda pour terrorisme et blanchiment d’argent, alors que la sécurité se détériore dans le pays.

 

Parmi les personnes faisant l’objet d’une enquête figurent Iyag Ag Ghaly, un militant touareg et chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une coalition liée à Al-Qaïda, et le prédicateur radical peul Amadou Koufa, qui appartient au même groupe, selon les instructions émises par le ministère. Le procureur de la République de la cour d’appel de Bamako l’a partagé mardi avec l’AFP.

 

Sur la liste figurent également six dirigeants touaregs appartenant à une alliance de groupes armés qui ont récemment relancé une rébellion contre l’État, malgré la signature d’un accord de paix en 2015 à Alger.

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Le procureur a déclaré que l’enquête avait été ouverte « non seulement contre les dirigeants terroristes mais aussi contre d’autres membres signataires de l’accord de paix de 2015 » et « ayant basculé dans le terrorisme ».

 

Il cite des faits « extrêmement graves » qui « sont susceptibles de constituer les délits présumés d’association de malfaiteurs, d’actes de terrorisme, de blanchiment et de financement du terrorisme, de détention illégale d’armes de guerre et de munitions, et de complicité de ces mêmes actes ».

 

Depuis 2012, le Mali est aux prises avec une insurrection islamiste qui a éclaté dans le nord de ce vaste État d’Afrique de l’Ouest, faisant des milliers de morts parmi les militaires et les civils.

 

La violence a ensuite balayé le pays tout en se propageant au Burkina Faso et au Niger voisins, attisant ainsi les tensions ethniques. Après avoir pris le pouvoir il y a trois ans, la junte malienne a abandonné l’alliance du pays avec l’ancienne puissance coloniale française, préférant un rapprochement avec Moscou.

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La junte a également ordonné le retrait de la Mission multidimensionnelle intégrée de l’ONU pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), qui maintenait au cours de la dernière décennie environ 15 000 soldats et policiers dans le pays.

 

Le retrait, qui doit être achevé d’ici le 31 décembre, a exacerbé les tensions entre les militaires et les groupes rebelles. Le nord du Mali en particulier a vu une intensification des affrontements, avec une course au contrôle du territoire entre armée, jihadistes et séparatistes.

 

AFP/Sahutiafrica

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