Le Mozambique débute ses premières exportations de gaz naturel liquéfié

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Le Mozambique, pays d’Afrique australe, a officiellement commencé à exporter du gaz naturel liquéfié (GNL), sur fond de crise de l’énergie en Europe provoquée par la guerre russe en Ukraine, a annoncé le président Filipe Nyusi ce dimanche 13 novembre.

« C’est avec grand honneur que j’annonce le début de la première exportation de gaz naturel liquéfié », a déclaré le président Nyusi.

La première cargaison de gaz a été produite à l’usine offshore Coral Sul, gérée par le groupe italien Eni, a ajouté le chef de l’Etat. Il se réjouit que son pays entre ainsi dans « les annales de l’histoire du monde ».

Il s’agit de la première exportation réalisée dans le cadre d’un contrat à long terme d’achat et de vente avec le géant britannique BP, couvrant les volumes totaux de GNL produit au Mozambique, a précisé le président Nyusi.

Selon lui, le pays offre un environnement stable, transparent et prévisible pour la réalisation d’investissements de plusieurs milliards d’euros.

Première installation flottante de gaz naturel liquéfié déployée en eaux profondes au large de l’Afrique, l’unité de liquéfaction Coral Sur peut produire 3,4 millions de tonnes de GNL par an.

Sécurité énergétique de l’Europe

Le PDG d’Eni, Claudio Descalzi a salué une « avancée significative » dans la stratégie de l’entreprise de faire du gaz une source « pouvant contribuer de manière significative à la sécurité énergétique de l’Europe, notamment par la diversification croissante des approvisionnements ».

Après l’invasion de l’Ukraine, la Russie a considérablement baissé ses livraisons de gaz à l’Europe. De nombreux Etats sont en concurrence pour avoir accès au gaz naturel liquéfié. Mais ce gaz est beaucoup plus cher à importer que celui qui arrivait via les gazoducs entre la Russie et l’Europe.

Le Mozambique place de grands espoirs dans de vastes gisements de gaz naturel, les plus importants jamais découverts au sud du Sahara, qui ont été découverts dans le nord de la province de Cabo Delgado en 2010.

Une fois exploités, ces gisements pourraient faire du Mozambique l’un des dix plus grands exportateurs du monde.

Mais la province pauvre du Cabo Delgado, à majorité musulmane, est en proie aux attaques de combattants djihadistes affiliés au groupe Etat islamique qui ont fait près de 4.000 morts depuis octobre 2017, selon l’ONG Acled qui collecte des données dans les zones de conflit. Les violences ont aussi provoqué la fuite de 820.000 personnes.

Une attaque d’ampleur en 2021 dans la ville côtière de Palma avait contraint le géant français TotalEnergies à suspendre son projet gazier d’un montant de 16,5 milliards d’euros. Un projet de l’Américain ExxonMobil est également suspendu.

Depuis juillet, le Rwanda et les pays voisins d’Afrique australe ont déployé plus de 3.100 soldats en appui à l’armée mozambicaine en difficulté. Les groupes djihadistes retranchés dans les terres ont toutefois continué à mener des attaques sporadiques, adoptant une tactique plus classique de guérilla.

En septembre dernier, le président mozambicain a estimé « pertinent » de prévoir une reprise de l’activité sur les futurs sites de production de gaz naturel dans le nord du pays.

Le pays a traversé une longue guerre civile qui a duré quinze ans après le départ du colon portugais en 1975 et fait près d’un million de morts.

Après un accord de paix en 1992, la rébellion était devenue un parti politique. En 2013, les rebelles avaient repris les armes, jusqu’à un nouvel accord en 2019.

AFP/Sahutiafrica

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