Ce lundi 23 octobre, le shilling kenyan est tombé à un nouveau plus bas historique de 150 pour un dollar, ajoutant aux malheurs d’une population déjà frappée par une inflation élevée et une série de nouvelles taxes.
Le shilling est en déclin depuis plusieurs années et a plongé de près de 24 pour cent au cours de l’année écoulée, sous la pression d’un niveau d’endettement élevé et de l’épuisement des recettes publiques.
Selon les données de la Banque centrale du Kenya, le dollar se vendait à un peu plus de 150 shillings, même si certaines banques commerciales et bureaux de change l’ont négocié à ce niveau, voire plus, ces dernières semaines.
Ken Gichinga, économiste en chef chez Mentoria Economics, a déclaré à l’AFP que le taux de change reflétait le renforcement du dollar pendant la crise du Moyen-Orient « qui pousse les investisseurs vers les actifs refuges », ainsi que les rendements élevés des bons du Trésor américain.
Le Kenya avait accumulé plus de 10 100 milliards de shillings (67 milliards de dollars) de dette fin juin, selon les chiffres du Trésor, ce qui équivaut à environ les deux tiers du produit intérieur brut.
Le coût du service de la dette, principalement envers la Chine, a grimpé en flèche à mesure que la monnaie du Kenya s’est effondrée, et le gouvernement a également une euro-obligation de 2 milliards de dollars arrivant à échéance en juin de l’année prochaine.
Le président William Ruto a introduit plus tôt cette année une série d’impôts nouveaux et augmentés pour aider à reconstituer les caisses du gouvernement, malgré l’engagement pris lors de la campagne électorale de l’année dernière d’aider à atténuer les difficultés financières des Kenyans ordinaires.
La croissance économique a ralenti l’année dernière, passant de 7,6 % en 2021 à 4,8 %, secouée par les retombées mondiales de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et par une sécheresse régionale dévastatrice qui a frappé le secteur agricole vital du Kenya.
L’inflation est restée obstinément élevée, à un taux annuel de 6,8 pour cent en septembre, avec des prix alimentaires et pétroliers toujours en hausse.
AFP/Sahutiafrica

