Parce que l’argent de l’État, c’est l’argent de tout le monde. Quand on dit « tout le monde », cela signifie tous les Congolais. Quand on dit « Congolais », cela désigne tous les Congolais de père et de mère, nés par terre, par air, par mer, et que sais-je encore.
L’argent de Bukanga Lonzo, de l’université Mapon, et de tous les investissements que nous connaissons, et non ceux de notre ancien Premier ministre, appartient à tout le monde. D’où le plus grand danger pour la République : beaucoup de ceux qui volent l’argent de l’État (nous n’avons pas dit que le Premier ministre honoraire condamné est un voleur, non, nous n’avons jamais dit ça ; il a seulement été condamné pour détournement et peut-être un peu pour corruption, car le détournement et la corruption ne sont pas synonymes de viol.
On ne viole pas l’argent de l’État. Non.) risquent de ne plus investir dans le pays. Quand ils n’auront plus le pouvoir, l’État va tout récupérer, surtout que, maintenant, même quand tu as les immunités de Dieu et du monde du pouvoir, la cour constitutionnelle te condamne quand même. D’autres vont préférer aller dévorer l’argent de l’État ailleurs et fuir avant qu’on ne les arrête, car avoir le pouvoir avec un passé de détourneurs ne suffit plus à être protégé quand la justice est sur vous. Le genre de viol que le peuple aime. Disons amen !
Makasi na Pognon, mais mata nanu Makala…
La bonne nouvelle : un gros poisson tombe dans les filets de la justice. Mais a-t-on dit le droit de manière juste ? La justice est-elle au rendez-vous ? Ce ne sera jamais à nous de commenter les décisions de justice, surtout celles de la plus haute juridiction du pays, au risque de… Mais les faits sont là, et ils sont têtus.
La justice, c’est la justice, et un pays marche quand même si le ministre de la Justice est arrêtable par cette même justice, parce que personne, nous ne disons bien personne, n’a le droit de prendre l’argent de l’État et de vivre comme un roi, si ce n’est une reine, au vu et au su de tout le monde, alors que l’argent de l’État a disparu sous ses responsabilités. L’argent de l’État, c’est l’argent de l’État. Ne l’oublions jamais, sinon direction : prison !
Makasi na Pognon, mais mata nanu Makala…
Exemple de rigueur intellectuelle, exemple de respect, exemple de compréhension, exemple de serviteur de la nation, l’homme qui a stabilisé la monnaie nationale avec sa cravate rouge, l’homme qui a bâti l’essentiel de sa fortune… Non, ça, je n’en sais rien. Mais du moins, nous savons qu’il y a de cela plus de mille ans, il était… Et après, pendant et avant qu’il ne devienne ministre, nous savons tous comment, miraculeusement, beaucoup de gens riches au pays ne peuvent justifier légalement leurs immenses richesses, que ce soient les hommes de Dieu ou les hommes du peuple. Car la voix du peuple, c’est la voix de Dieu, et donc certaines richesses insolentes, parce que nous avons été mouillés par le pouvoir, restent suspectes.
Logiquement, beaucoup doivent être arrêtés, surtout ceux qui ont confessé en public que l’argent de l’État est d’abord pour les jouissances personnelles.C’est alors qu’un enfant a demandé au Sage : « Finalement, l’État, à combien ? Pour le peuple, l’État n’a jamais d’argent, mais quand on voit des détournements, ce sont toujours des sommes mirobolantes… »
Au Sage de lui répondre : « L’argent de l’État, c’est comme le fleuve Congo : c’est beau à voir, mais c’est dangereux d’y naviguer ou de nager. Car à force de boire son eau, quand tu es dans l’excès, tu risques de boire toute l’eau du monde. » À nos politiciens, continuez de voler encore ; un jour, le soleil brûlera vos ailes… Nous avons dit.
Christian Gombo, Ecrivain

