En exil en Côte d’Ivoire, Ainea Ibrahim Camara, président autoproclamé d’une transition civile au Mali est accusé d’actes injurieux et subversifs et une enquête a été contre lui pour vouloir former un gouvernement civil de transition le 27 février, en vue d’élections dans un délai de six mois. C’est ce qu’a annoncé la junte militaire lundi 28 février.
La junte au Mali avait prévu des élections à partir du 27 février, devant permettre un retour des civils au pouvoir après deux coups d’Etat en août 2020 puis en mai 2021, avant de revenir sur cet engagement sans fixer de nouveau délai.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Ainea Ibrahim Camara « s’est livré à des attaques avec des propositions injurieuses et subversives contre les autorités de la transition dans un élan d’appel à un soulèvement contre celles-ci », affirme le ministre malien de la Justice Mamoudou Kassogue, dans un communiqué publié lundi.
D’autres vidéos « traduisent clairement la volonté de l’intéressé de poursuivre son entreprise malveillante de déstabilisation des institutions de la transition », selon ce communiqué.
« Au regard de la gravité de ces faits », le ministre demande que soient prises « toutes les dispositions nécessaires pour l’ouverture immédiate d’une enquête par le parquet compétent ».
De son côté, le gouvernement ivoirien assure qu’il est respectueux de la souveraineté des Etats ne saurait tolérer la déstabilisation d’un pays frère à partir de son territoire. « La Côte d’Ivoire qui « condamne ces agissements a précisé qu’elle se réserve le droit de prendre des mesures à l’encontre de toute personne dont les agissements pourraient être à mal ses relations avec pays tiers », peut-on lire dans un communiqué.
Cette affaire fait depuis plusieurs jours un grand débat au Mali, notamment sur les réseaux sociaux.
Le Comité pour la défense des militaires (CDM), une plate-forme réunissant plusieurs mouvements favorables à la junte, « exige des autorités ivoiriennes le renvoi pur et simple de cette rebelle et réclame, la dissolution de son parti le Mouvement républicain (MR) ».
L’organe législatif au Mali, contrôlé par les militaires depuis le coup d’Etat de 2020, a entériné le 21 février une période de transition pouvant aller jusqu’à cinq ans avant des élections.
Un délai « totalement inacceptable » pour la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) qui ont consenti le 9 janvier de lourdes sanctions économiques et diplomatiques au Mali, avec un embargo commercial et financier et la fermeture des frontières de ses pays membres avec ce pays.
AFP/Sahutiafrica

