En Ouganda, la décision du gouvernement d’acheter des limousines pour la présidente du Parlement et de son adjoint est malvenue dans un contexte où la population peine sous le poids d’une forte inflation qui frappe le pays. C’est ce qu’ont estimé des dirigeants de l’opposition mardi 07 juin.
« Comment pouvons-nous dépenser 2,4 milliards de shillings pour acheter deux véhicules pour permettre à la présidente et au vice-président du Parlement d’assister à des cérémonies alors que des millions d’Ougandais s’endorment la faim chevillée au corps, que le peuple ne peut pourvoir à ses besoins essentiels ? », s’est indigné à l’AFP Bobi Wine, un des principaux opposants du régime de Yoweri Museveni.
Il reproche au président ougandais de ne pas « donner la priorité aux souffrances des Ougandais ». « Jusque-là, le président a préféré appeler ses concitoyens à vivre avec frugalité plutôt que de baisser les impôts et d’augmenter les aides de l’Etat pour les plus vulnérables, comme de nombreuses voix l’y appellent », a-t-il dit.
« Il est clair que ce gouvernement est un gouvernement parasite et qu’il doit être stoppé », a déclaré Kizza Besigye, une autre figure de l’opposition ougandaise. M. Besigye, qui fait l’objet de poursuites judiciaires pour « incitation à la violence » après avoir appelé la population à manifester contre l’inflation, juge « scandaleux » l’achat de ces deux limousines.
Prossy Akampurira Mbabazi, députée et membre du parti au pouvoir, estime que « La colère de la population est déplacée. Les voitures qu’utilisaient la présidente et le vice-président du parlement avaient dix ans et devaient être remplacées », a-t-elle dit à l’AFP.
La décision n’a pas fait que susciter les réactions dans l’opposition. Julius Mukanda, directeur général de CSBAG, une coalition d’organisations de la société civile qui surveille l’utilisation des fonds publics, juge l’achat des deux véhicules de « mauvais goût » compte tenu de l’appel à la frugalité lancé par le président Yoweri Museveni.
L’Ouganda et ses 45 millions d’habitants sont durement touchés par les retombées de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine, qui a fait flamber les prix. Il y a quelques jours, pour faire face, le président Museveni avait conseillé aux citoyens de remplacer le blé coûteux par des aliments disponibles localement, tels que le millet, le maïs, les bananes vertes et le manioc.
Dinho Kazadi

