Plus de 185.000 personnes ont quitté leur foyer dans la ville disputée de Las Anod au Somaliland, région autoproclamée indépendante de la Somalie, a rapporté jeudi le bureau local de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).
Dans un communiqué, Ocha affirme que 89% de ces personnes déplacées sont des femmes et des enfants, dont beaucoup n’ont trouvé d’autre refuge que l’ombre d’un arbre ou l’une des écoles qui ont fermé en raison des violences.
Ces derniers mois ont été marqués par de fortes tensions dans le Somaliland. Ancien territoire britannique, cette région indépendante mais non-reconnue par la communauté internationale, est le théâtre d’affrontements entre les forces armées de la région et des milices loyales au gouvernement central somalien à Las Anod, une localité qui borde la frontière et stratégique pour le commerce.
Selon Ocha, des responsables de l’hôpital général de Las Anod ont fait état de cinquante-sept morts et de 401 blessés, répartis entre cette structure et trois autres de la ville, depuis la flambée de la violence début février. L’identité des victimes n’a pas été précisée.
Malgré le cessez-le-feu déclaré par les autorités du Somaliland. Les affrontements continuent sur terrain rapporte l’agence des Nations-Unies chargée des affaires humanitaires (Ocha), qui a mené des recherches pendant le week-end.
Les autorités du Somaliland ont accusé les milices soutenues par la Somalie de torpiller le cessez-le-feu. Mais jusque-là, Mogadiscio n’a pas directement répondu à ces allégations. Vendredi dernier, Hamza Abdi Barre, Premier ministre somalien, avait pourtant affirmé accueillir le cessez-le-feu, tout en appelant à un accès immédiat de l’aide humanitaire aux milliers de personnes déplacées. « Le besoin d’aide d’urgence est encore plus pressant désormais », avait-il tweeté.
Dinho Kazadi

