Félix Tshisekedi, président congolais, aurait autorisé l’entrée des troupes ougandaises en RDC pour traquer les rebelles des Forces démocratiques alliées (Adf), auteurs des atrocités dans l’est de la RDC. C’est ce qu’a confié un conseiller du président congolais à l’AFP sous couvert de l’anonymat. D’après la même source, « les troupes ougandaises ne vont pas traverser la frontière dès ce soir ou demain. Il faut que toutes les procédures soient respectées, notamment au niveau du Parlement et du commandement des Forces armées de la RDC ».
Cette nouvelle, qui n’est pas encore confirmée, fait déjà polémique. Hommes politiques, personnalités ou organisations de la société civile, les réactions pleuvent de toute part après cette révélation. « Inviter l’armée d’un pays (Ouganda) qui a déjà fait la guerre en RDC pour s’approprier les minerais du pays est une erreur et un aveu de l’échec de l’état de siège. Cette politique de tâtonnement à l’Est sera au finish sera nuisible aux congolais », a lâché Jean Claude Katende, coordonnateur de l’Asadho. « La nation est en danger », a dit le Dr Denis Mukwege dans un tweet.
D’après lui, « après 25 ans de crimes de masse et pillage de nos ressources par nos voisins, l’autorisation du président Tshisekedi aux armées voisines est inacceptable. Non aux pyromanes/pompiers ». Néhémie Mwilanya, directeur de cabinet de l’ancien président Joseph Kabila, affirme que « le voisin ougandais vient d’obtenir formellement aujourd’hui le droit légal qui lui manquait en 1998, à occuper légitimement la partie Est tant convoitée de notre pays ».
Mais Etienne Kasaka, président de la société civile de Beni, salue cette décision qu’aurait prise le président. Il espère au retour de la paix dans cette partie de la RDC où des groupes armés sont toujours actifs. « La lutte contre le terrorisme a toujours fait l’objet de la concertation et la mutualisation des efforts des nations. Refuser une coopération internationale pour son éradication ne serait que complicité contre les victimes qui comptent par milliers de part et d’autres », a réagi Peter Kazadi, membre du parti présidentiel.
« Je soutiens cette idée du président. Je me souviens de la force de frappe de l’armée ougandaise lorsque les Adf étaient délogés en Ouganda. Il y a une puissance de feu de militaire ougandais de l’UPDF. Nous croyons au retour de la paix après ces opérations », a déclaré un motard à Beni.
En 2000, les armées ougandaise et rwandaise s’étaient affrontées dans la ville de Kisangani chef-lieu de la province de la Tshopo. Ces affrontements avaient fait des dizaines de morts et des centaines des blessés, parmi les civils congolais. La cour internationale de justice avait sommé à l’Ouganda de payer à la RDC près d’un milliard de dollars en termes de dédommagement. Somme qui n’a jamais été payée jusqu’à ce jour.
Dinho Kazadi et Augustin Sikwaya depuis Beni

