« Le pouvoir a opéré un véritable coup d’Etat institutionnel dans le but de mettre le Premier ministre aux commandes de l’Etat pendant la période électorale présidentielle afin d’en manipuler les résultats au profit de leur candidat », ont dénoncé dix candidats de l’opposant dans une lettre adressée à la commission électorale malgache.
Pour eux, cette série de décisions a été dictée par le pouvoir. Ces rivaux du président Andry Rajoelina accusent « les membres de la Cour constitutionnelle de s’être faits complices de ces manœuvres et d’avoir validé ce coup d’Etat institutionnel ».
A Madagascar, le premier tour de la présidentielle est prévu le 9 novembre. Le second tour le 20 décembre. Andry Rajoelina, 49 ans, brigue un deuxième mandat et fera face à treize challengers.
A l’approche des élections, une série de décisions de la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays, ont, selon l’opposition, dégagé à dessein l’horizon du président sortant en vue du vote.
Samedi dernier, M. Rajoelina a cessé d’exercer le pouvoir, comme prévu par la Constitution en période électorale. Le président du Sénat, qui devait assurer l’intérim, a toutefois invoqué des « raisons personnelles » et laissé les rênes à un « gouvernement collégial » mené par Christian Ntsay, Premier ministre et proche du président malgache.
La Cour constitutionnelle a validé ce jeu de chaises musicales, rejetant le même jour trois recours qui réclament la candidature du président Rajoelina soit invalidée pour « défaut de nationalité malgache ».
En fait, des informations divulguées dans la presse, fin juin, ont révélé que le chef de l’Etat malgache a été naturalisé Français en catimini en 2014. Depuis, le sujet fait grand bruit à Antananarivo. D’après le code de nationalité du pays, Andry Rajoelina est censé perdre sa nationalité malgache. Si tel est le cas, il ne devra pas candidater à la présidentielle.
Mais les trois partis d’opposition, qui ont saisi la Cour constitutionnelle, ont été déboutés. Cette juridiction a jugé leurs requêtes « irrecevables ».
La Rédaction

