« Le Rwanda n’a même pas un minerai qui se trouve dans son sous-sol. Lorsqu’on signe une MoE avec ce pays, cela veut dire qu’on va encourager les pillages ou la fraude », a tranché le président Tshisekedi devant un parterre de journalistes.
A Kinshasa, l’accord signé l’Union européenne et le Rwanda pour favoriser le développement de chaînes de valeur durables et résilientes pour les matières premières passe mal. Et fait face à une vague de critiques. Pour Félix Tshisekedi, c’est comme si l’UE faisait une guerre par procuration. Il entend user de toutes les voies diplomatiques et judiciaires pour « empêcher cette ignominie ».
Très critique, le président Tshisekedi a durci le ton contre l’organisation européenne. « C’est inacceptable parce qu’avec les produits de cette vente illicite, ils vont équiper leur armée et continuer leur expédition aventureuse en RDC. Qui en est le complice ? C’est l’Union européenne. Cette donneuse de leçon, qui voulait venir surveiller nos élections pour dire qui a gagné, qui a perdu, des leçons sur le respect des droits de l’homme… », a déclaré Félix Tshisekedi.
Avant cette déclaration, Christophe Lutundula, chef de la diplomatie congolais, avait dénoncé cet accord qu’il considère comme une façon d’encourager les pillages de ressources de la RDC. Dans la foulée, Kinshasa attend des autorités de l’UE une clarification de « ce comportement ambigu ».
Lundi, Jutta Urpilainen, commissaire européenne aux partenariats internationaux, et Vincent Biruta, ministre rwandais des Affaires étrangères, ont signé ce protocole d’accord qui vise à renforcer le rôle du Rwanda dans la promotion du développement durable et des chaînes de valeurs résilientes en Afrique.
Mais, la signature de cet accord intervient dans un contexte de brouille entre Kinshasa et Kigali. La RDC accuse le Rwanda de l’agresser à travers le M23. Si les autorités rwandaises l’ont toujours nié, les experts des Nations-Unies l’attestent et font état de la présence des troupes rwandaises dans l’est de la RDC, théâtre d’affrontements entre l’armée et les rebelles du M23.
Dans une missive, le mouvement citoyen Lucha a dénoncé une hypocrisie et révoltante de l’UE. « Le fait que l’UE continue de financer le Rwanda et poursuit son partenariat militaire avec l’armée est une complicité à la guerre d’agression que mène Paul Kagame contre notre pays depuis trois décennies », a dénoncé cette structure.
Cette situation risque-t-elle de plonger l’Union européenne et Kinshasa, dont les relations sont parfois tendues, dans une brouille ? Pour l’instant, le gouvernement congolais veut empêcher cet accord entre l’UE et le Rwanda.
Trésor Mutombo

