« Actuellement, ce n’est pas facile d’être taximan à Kinshasa. Coop ekoti mobulu mon cher (notre gagne-pain est perturbé) », confie à Sahutiafrica Eddy, taximan à la trentaine, croisé à l’arrêt Gare-Centrale dans la commune de la Gombe, centre d’affaires de Kinshasa, capitale de la RDC.
Eddy, vêtu d’un t-shirt, dessert sur le tronçon compris entre la place gare-centrale et Kintambo-Magasin, le long du boulevard du 30 juin. « Le prix du carburant a augmenté, il y a une inflation monétaire. À cela s’ajoute le phénomène de kidnapping. Je vous assure que la dernière difficulté fait plus mal que les deux premières, les autres ont les a quand même surmontées », raconte-t-il depuis le volant de son véhicule.
Eddy fait de signe de mains pour attirer des clients près du croisement des avenues des Huilerie et boulevard du 30 juin. Mais, il n’a que deux clients, jusque-là.
À Kinshasa, plusieurs personnes se méfient actuellement du taxi communément appelé « Ketch ». C’est après une vague de kidnappings qui s’observe dans la ville. Un procès en procédure de flagrance a même été organisé à ce sujet. Une dizaine des personnes sont reconnues coupable et purge une peine de mort. « Comme vous avez peur d’être kidnappé, moi aussi », souffle un chauffeur à un de ses clients avant que les deux éclatent de rire.
Le commissaire principal de la police de Kinshasa a imposé des nouvelles des mesures aux conducteurs, notamment celle de baisser les vitres quand ils conduisent. « Malgré ces mesures, les gens sont toujours méfiants et nous ça ne nous facilite pas la tâche. J’ai maintenant de la peine à réunir le versement », se plaint un chauffeur. La cinquantaine révolue s’arrête à chaque arrêt pour espérer trouver quelques clients.
Vitres baissées, il conduit entre 20 à 30 km/h, il ne conçoit pas arriver au terminus avec un seul client. Il est 19 heures passées, ses efforts ne seront pas récompensés, la main sur son manteau, il change de destination, espérant faire une bonne affaire.
« Les choses vont revenir à la normale que si les gens oublient ces phénomènes. C’est juste question du temps », dit-il, en se grattant la tête.
Joe Kashama

