Au lendemain d’une tentative de coup d’Etat étouffée par l’armée congolaise, des condamnations de l’attaque contre le Palais de la nation et la résidence de Vital Kamerhe, proche du président Tshisekedi, affluent.
Ce lundi, la Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadc) a, dans un communiqué, condamné « avec la plus grande fermeté, cette tentative de putsch ». Cette organisation sous-régionale remercie « l’armée d’avoir arrêté les auteurs et toute escalade qui aurait pu se produire ». De son côté, Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’Union africaine, se félicite de la « maîtrise de la situation annoncée par les forces de défense et de sécurité du pays ».
Dimanche 19 mai, tout s’est passé très vite et très tôt. Dans les petites heures de la matinée, un groupe d’hommes armés ont attaqué la résidence de Vital Kamerhe, candidat unique de l’Union sacrée, coalition au pouvoir, pour le perchoir de l’Assemblée nationale.
Des affrontements entre la garde rapprochée de l’ancien directeur de cabinet du président Tshisekedi et les assaillants ont fait au moins trois morts, dont deux policiers de la garde de M. Kamerhe. Après cette tentative, ce groupe, conduit par Christian Malanga, a mené un assaut au Palais de la nation, où se trouvent les bureaux du chef de l’Etat.
L’armée a annoncé avoir étouffé cette tentative dans l’œuf et a assuré que la situation est sous contrôle. Si Christian Malanga a été neutralisé, plusieurs assaillants ont été arrêtés, dont son fils, Marcel Malanga. D’après Jean-Pierre Bemba, ministre congolais de la Défense, les assaillants avaient aussi projeté d’attaquer la résidence de Judith Siminwa, Première ministre, et sa résidence.
Jusque-là, seul l’Union pour la nation congolaise (UNC), parti de Vital Kamerhe, a réagi pour dénoncer une tentative d’assassinat contre l’ancien directeur de cabinet du président Tshisekedi. L’UDPS, parti présidentiel, ne s’est pas encore prononcé. Tout comme le PPRD, famille politique de Joseph Kabila, ancien chef de l’Etat.
Ce lundi, l’opposant Moïse Katumbi, président du parti Ensemble, a aussi condamné l’attaque contre le Palais de la nation. « Toute la lumière doit être établie et les responsabilités dressées sur la nature des événements qui ont provoqué ces pertes en vie humaines dans notre capitale. La recherche de la vérité ne peut conduire à des arrestations arbitraires et des jugements expéditifs », a écrit Olivier Kamitatu, porte-parole sur le réseau social X.
Pourtant, Devos Kitoko, secrétaire général du parti Ecidé de Martin Fayulu, a parlé « d’un théâtre dangereux ». « Je demande à la Monusco de déployer une unité de protection autour de l’hôtel Faden afin de prévenir tout dérapage ou toute surprise désagréable contre l’intégrité physique du seul et unique espoir des congolais », a-t-il dit dans un post.
L’heure est à des questions à Kinshasa toujours en attente d’un nouveau gouvernement. Les autorités indiquent avoir pris des mesures pour « renforcer la sécurité des institutions, des officiels et celle de la ville de Kinshasa ». Elles appellent la population à « la vigilance pour dénoncer tout mouvement suspect des ennemis de ma paix ainsi que leurs complices ».
Trésor Mutombo

