Des images montrant un élément du M23 tirant sur un civil à genoux à Bukavu, principale ville de la région du Kivu sous contrôle de rebelles, suscitent l’indignation ce mercredi 11 juin.
La vidéo est depuis virale sur les réseaux sociaux. La scène est saisissante. Dans cette image, l’on perçoit un élément du M23 pointant son arme à feu vers un civil, habillé d’un t-shirt assorti d’un pantalon jeans décati. Il est à genoux. Les mains en l’air. Il supplie cet élément du M23 de le pardonner, mais il a fini par lui tirer dessus.
Visiblement, il n’a pas été écouté. Le crépitement se fait suivre d’un cri. « C’est inhumain ! Aucun être humain ne peut supporter voir une telle image », a dénoncé Bienvenu Matumo, militant du mouvement Lutte pour le changement (Lucha), à Sahutiafrica.
Pour lui, c’est une image qui dégage « l’horreur ». « Si cet individu a commis une infraction ou un crime, il y a d’autres mécanismes de justice qui peuvent être utilisés pour le corriger et non faire une exécution extra-judiciaire ou le tirer à bout portant », a-t-il déclaré.
Toutefois, une source, citée par le journaliste Stanis Bujakera, confie qu’il n’est pas mort et qu’il a été touché à la jambe et acheminé à l’hôpital pour des soins. Mais cette scène a suscité un tollé dans un contexte où plusieurs organisations, dont Human rights watch, font état de violations des droits humains dans les zones occupées par les rebelles du M23.
« Tous ces crimes vont être documentés pour que les responsables de ce mouvement soient tenus auteurs et complices de crimes graves contre l’humanité », a déploré Bienvenu Matumo.
Dans un rapport publié la semaine dernière, HRW a révélé que le groupe M23 a exécuté sommairement au moins vingt-et-un civils et vraisemblablement un nombre beaucoup plus élevé à Goma les 22 et 23 février 2025.
La Rédaction

