À Kinshasa, les travaux de réhabilitation des routes avancent à pas de tortue, suscitant l’agacement Jésus-Noël Sheke, ministre provincial du Plan.
Mardi, il a inspecté les avenues Nyangwe et Kalembe-Lembe, deux des dix chantiers prioritaires lancés par le gouverneur Daniel Bumba. Malgré les financements déjà débloqués grâce à l’implication du Chef de l’État Félix Tshisekedi, les travaux piétinent. « Il faut que ça avance », a insisté.
Outre ces avenues, d’autres projets sont concernés, notamment Isangi, Kabinda, Mweka, Itaga, Kigoma, et la construction d’un complexe omnisports sur le terrain PLC, avec l’appui de l’AFD.
Sur le terrain, les habitants expriment leur ras-le-bol. « Quand on dit trois mois, il faut comprendre cinq ans », déplore un motard kinois, coincé dans les embouteillages causés par la lenteur des travaux au carrefour
Zigida, près du marché central.
À Fatima, dans le centre-ville de Kinshasa, les travaux de réhabilitation des avenues Colonel Ebeya, Tombalbay et TSF dans la commune de la Gombe, lancés depuis octobre de l’année passée avancent à un rythme particulièrement lent, bien que La chaussée a été aplanie par les engins déployés sur terrain.
Certains ouvriers avouent que le retard les arrange. « On est payés à la journée. Plus ça dure, mieux c’est pour nous », glisse un employé sous anonymat. Une réalité qui illustre les dysfonctionnements dans l’exécution des travaux publics.
Au-delà des problématiques financières, souvent entachées de détournements, les facteurs environnementaux contribuent également à ralentir les travaux.
« Nous sommes confrontés à des pluies et à d’autres facteurs environnementaux, entre autres des grosses températures qui nous fatiguent un peu trop, mais c’est notre pays, nous nous sacrifions corps et âme pour accélérer les travaux », a expliqué Hervé Babana, agent de la société Congo Futur, en charge des travaux à Fatima.
Entre lenteurs administratives, manque de suivi, conditions climatiques difficiles et parfois même détournements de fonds, les chantiers de Kinshasa peinent à se concrétiser.
Ephraïm Kafuti

