La compagnie pétrolière Perenco serait à l’origine de plusieurs dégâts environnementaux à Muanda, ville située dans la province du Kongo central, Ouest de la RDC, selon une enquête publiée sur Disclose, média d’investigation crée par des journalistes indépendants en partenariat avec d’autres associations d’investigation.
Dans ce long reportage publié par Disclose, Perenco reconnaît des incidents qui ont eu lieu dans le passé, mais qu’ils seraient mineurs et très localisés. Disclose, Investigate Europe (IE) et l’Environmental investigative forum (EIF), affirment pourtant avoir recensé 167 cas de pollution liés à l’activité de cette société pétrolière ces quinze dernières années.
Ce média affirme que la compagnie pétrolière recourt à des méthodes dangereuses d’enfouissement des déchets dans une zone où l’écosystème reste protégé. C’est le cas notamment du torchage, qui consiste à brûler le gaz libéré lors de l’extraction du pétrole. Une technique interdite par la loi congolaise depuis 2015.
L’enquête pointe aussi du doigt la vétusté des matériels et des installations de la compagnie. Plusieurs fuites de pétrole brut sont observées dans les sols et dans les cours d’eau des environs ces dernières années, révèle Disclose.
Perenco assure que « ses contrats étant antérieurs à la loi, il n’est pas soumis à l’interdiction de 2015 ». La compagnie affirme également qu’il investit pour « diminuer le torchage », en RDC, et met tout en œuvre pour contribuer à la préservation de la mangrove.
Jusque-là, le gouvernement congolais n’a pas encore réagi à ces révélations. En dehors, des émanations de gaz qui pourraient avoir de graves conséquences sanitaires sur la population de la ville de Muanda, où s’effectuent toutes les activités de Perenco. L’enquête alerte sur le danger que représente les actions de la compagnie sur l’environnement.
Sur terrain, même lorsque les torchères s’éteignent à cause du vent ou de la pluie, du gaz non brûlé se répand toujours. Ce qui n’est pas sans conséquence. Il est constaté par exemple « le comportement anormal des cultures (jaunissement des feuilles) et la contamination de la flore sauvage », note l’ONG Renald, citée dans l’enquête.
Dinho Kazadi

