Félix Wazekwa, musicien congolais, s’est produit samedi 12 août, lui aussi, au stade des Martyrs de Kinshasa, capitale de la RDC. Si certains saluent le show offert au public par l’artiste, d’autres, par contre, ne retiennent qu’une chose : « le stade était presque vide ».
Dès sa montée sur scène, les allusions tapent à l’œil. Costume, casquette, gants. On a l’impression de voir renaître de ses cendres, Michael Jackson. Et d’ailleurs l’artiste ne se limite pas qu’aux ressemblances visuelles. Les chorégraphies aussi, sont dignes du défunt roi de la pop. Wazekwa sait qu’il joue son va-tout. Il veut entrer deux fois dans l’histoire, le même jour. Pour le vide oui, mais pour le spectacle également.

« Plein ou pas plein je vais me produire. Et offrir à mes fans présents au stade un spectacle mémorable », promettait il bien avant, à chaque fois que la question était soulevée. Devant moins de 5000 personnes, celui qui se fait surnommer « monstre d’amour », va pendant près de deux heures se déchaîner sur scène, et ses accompagnateurs aussi d’ailleurs.
Les tubes, il en a quelques uns, Fimbu, Mémoire ya Nzambe, Penalty… Wazekwa va revisiter une bonne partie de sa palette musicale, sans rien oublier, surtout pas sa Rumba, celle qui fait sa particularité, qui slalome souvent entre conseils, proverbes et citations pleines de sagesse. Des invités il y en a aussi, tels que Jeannot Bombenga et Fabregas, un mélange d’ancienneté et de jeunesse, qui le rejoint sur scène. Et très vite, le concert tourne à la fête. Le public au stade va, sans forcer suivre le rythme, partager le même délire.
À la fin, les commentaires vont dans tous les sens. Et chacun apprécie diversement l’événement. « C’est vrai qu’il y avait peu de gens. Mais cela n’a pas empêché au vieux de se lâcher. Nous qui étions là, avons aimé le spectacle et le son.», confie Sadam, fan et artiste à ses heures perdues.
« Quand on joue au stade, c’est pour le remplir. Donc on peut dire sans crainte que le vieux a échoué. Il s’est beaucoup surestimé et a surestimé sa popularité et l’influence de sa musique sur les fans, il l’a payé cache au stade », écrit un internaute.
Un avis corroboré par un autre, qui estime que le stade n’est pas fait pour être défié par tout le monde. « Félix Wazekwa, en voulant se prouver je ne sais quoi à lui-même, est entré honteusement dans l’histoire. Et cet épisode va être désormais attaché à sa légendaire carrière. Tout risque n’est pas à prendre », écrit l’internaute congolais.
« Les humains sont les premiers à pousser les gens à oser, essayer, tenter… mais ils sont également les premiers à décourager ceux qui tentent l’aventure. Coup de chapeau à Félix Wazekwa qui par la force des choses à réussi à insérer son nom dans l’histoire glorieuse de la musique congolaise, à côté des musiciens ayant joué au stade des Martyrs. La mémoire collective retient qu’il faut être grand artiste pour jouer au stade des martyrs. Donc Wazekwa est grand ! », écrit Jordan Mayenikini, journaliste congolais.
Si plusieurs semblent ne se limiter qu’au seul aspect de la faible affluence des gens au stade samedi. Ce qui est un échec à leur avis. D’autres saluent le spectacle, une probable dernière danse grand public offerte par l’artiste à ses fans. Mais aussi et surtout son courage, son audace d’oser, d’essayer, envers et contre tous…
Dinho Kazadi

