Devant le Conseil de sécurité de l’ONU réuni ce jeudi 27 mars, Olivier Nduhingirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères, a rejeté les accusations sur son soutien du Rwanda aux rebelles du M23, qui gagnent du terrain dans l’est de la RDC.
Malgré la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui condamne explicitement le Rwanda pour son soutien aux rebelles du M23, M. Nduhungirehe a rejeté toute responsabilité dans le déclenchement du conflit. Au contraire, il a accusé la RDC de collaborer avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé responsable de graves atrocités, pour déstabiliser le Rwanda.
Le ministre a insisté sur le fait que le Rwanda « subit le poids » du conflit, dont il attribue les causes profondes aux activités des combattants FDLR. Il soutient que Kinshasa avait intégré des membres de ce groupe dans son armée nationale, leur fournissant armes et ressources. Le chef de la diplomatie rwandaise mentionne la capture à Goma et la remise de membres des FDLR par le Rwanda, soulignant le paradoxe de leur réintégration présumée dans l’armée congolaise.
M. Nduhungirehe dénonce la « mauvaise gouvernance » du régime de Kinshasa, la jugeant responsable des conflits sécuritaires qui ravagent la RDC. Il a en outre évoqué la « persécution systématique des Congolais parlant le kinyarwanda, notamment les communautés tutsi », en la reliant à un « passé colonial » encore prégnant.
Face aux préoccupations concernant la présence militaire rwandaise à la frontière avec la RDC, M. Nduhungirehe a défendu les « mesures défensives » mises en place par son pays. Qualifiant ces mesures de « ciblées, dynamiques et proportionnées à la menace », il a affirmé qu’elles seraient maintenues « tant que nous n’avons pas un cadre crédible de garantie de sécurité à long terme au niveau de notre frontière avec la RDC ».
Cette réunion du Conseil de sécurité intervient dans un contexte de forte tension, marqué par la prise de Goma et de Bukavu par le M23 en janvier 2025. La situation reste fragile et suscite de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale.
Ephraïm Kafuti

