Ce mercredi 15 mai, un tribunal suisse a reconnu coupable et condamné à 20 ans de prison Ousman Sonko, ancien ministre gambien, pour crimes contre l’humanité sous l’ancien dictateur Yahya Jammeh.
C’était dans le cadre d’un verdict historique faisant appel à la compétence universelle en Europe. « Le bras long de la justice rattrape les complices de Yahya Jammeh partout dans le monde et, espérons-le, rattrapera bientôt Jammeh lui-même », a déclaré le tribunal.
La chambre de première instance déclare Ousman Sonko coupable de plusieurs chefs d’homicide volontaire, de torture et de séquestration, de plusieurs chefs de torture et de plusieurs chefs de privation de liberté. Chacun constitutif d’un crime contre l’humanité. Cette source conclut qu’il a commis ces crimes dans le cadre d’une attaque systématique contre la population civile.
- Sonko est le plus haut fonctionnaire jamais jugé par un pays européen utilisant la compétence universelle, qui permet de poursuivre n’importe où les crimes les plus graves. En fait, Sonko, qui a été démis de ses fonctions de ministre de l’Intérieur de la Gambie en 2016, a été acquitté du chef de viol.
Le groupe de campagne TRIAL International, basé à Genève, a déposé la plainte initiale contre lui et a soutenu les plaignants. Mais ce dernier a nié les accusations. Il a accusé les plaignants de mentir tout en dénonçant sa détention provisoire de sept ans, une période qui, selon lui, a été en partie passée en isolement cellulaire.
Ousmane Sonko s’est brouillé avec Jammeh au cours des derniers mois des 22 années de régime répressif de Jammeh, qui ont pris fin lorsque le dirigeant a été contraint de fuir en exil en Guinée équatoriale en janvier 2017. C’était après une défaite électorale. Le même mois, il a été arrêté en Suisse, pourtant qu’il demandait l’asile.
Demba Ali Jawo, président du Centre national pour les victimes de violations des droits de l’homme, indique qu’il espère que cela dissuaderait les fonctionnaires récalcitrants et les futurs fonctionnaires que justice soit rendue, quel que soit le temps que cela prendrait.
Le ministère public suisse avait requis la peine maximale de la réclusion à perpétuité. La condamnation d’Ousman Sonko, l’un des piliers du régime de Yahya Jammeh, est une étape majeure sur le long chemin vers la justice pour les victimes de Jammeh, d’après Reed Brody, procureur pour crimes de guerre présent au procès.
Il s’agit du deuxième procès civil en Suisse pour crimes contre l’humanité. Le tribunal de Bellinzone a entendu entre janvier et mars les détails des crimes qui auraient été commis entre 2000 et 2016, soit par Sonko, ou sous sa surveillance.
Josaphat Mayi

