« Je suis sceptique quant à cette coopération entre les polices congolaise et rwandaise au regard des antécédents entre le Rwanda et la RDC, qui n’a toujours pas été le bon mariage. C’est dans l’est où il y aurait eu plusieurs exactions commises par l’armée rwandaise et certains rebelles rwandais. Si cette coopération va se limiter seulement à la frontière, ce sera bien. Mais voir des policiers rwandais franchir la frontière, ce sera vraiment craché sur la population parce qu’on n’en a pas besoin », confie David Bituayiki, habitant de Goma.
Lundi 13 décembre, les polices rwandaise et congolaise ont signé un mémorandum de coopération bilatérale dans le cadre de la sécurisation des frontières entre les deux États. D’après le protocole d’accord, les polices de la RDC et du Rwanda vont unir leurs efforts contre la criminalité transnationale organisée et le terrorisme. Mais que pense la population de cette coopération à Beni, dans l’est de la RDC, qui est en proie à des attaques des rebelles Adf affiliés au groupe terroriste État islamique (Ei) ?
« Je ne veux pas même entendre parler de cette coopération, car on se souvient de la guerre qui a opposé le Rwanda à l’Ouganda à Kisangani. Nous avons les Ougandais ici à Beni à quoi bon avoir aussi les Rwandais ? », s’interroge Emmaneul Tsongo, la vingtaine révolue qui habite à Beni. Pour Muyisa, « il faudra annuler cette coopération entre les polices rwandaise et congolaise ».
« Pourquoi nous ne pouvons pas signer des accords avec le pays qui ne sont impliqués dans la crise qui a eu au Congo. Par exemple, l’Angola, l’Égypte ou le Zimbabwe. Je suis opposé à cette coopération entre notre police et rwandaise », a-t-il dit.
Célestin Bweki, un responsable de la société civile locale, appelle le gouvernement à former des jeunes, désirant intégrer la police que de faire appel au pays voisins. « Nous savons que la RDC est un pays continent, qui a beaucoup de ressources, dont la population majoritairement jeune. S’il s’avérait que les policiers rwandais sont sur le sol congolais, nous pensons que c’est une désolation pour la société civile puisque nous avons beaucoup des jeunes qui peuvent être formés pour compléter l’effectif de la police », a-t-il indiqué.
Trésor Mutombo et Augustin Sikwaya depuis Beni

