Armando Guebuza, ancien président mozambicain, va témoigner ce jeudi 17 février devant la justice. C’est dans le cadre du procès pour dettes cachées portant sur deux milliards Usd. Il sera le premier ancien chef d’Etat (2005-2015) à comparaître devant un tribunal dans l’histoire du pays. Lors de ce procès, la société civile va surveiller le témoignage de M. Guebuza pour voir s’il va impliquer le président mozambicain Filipe Nyusi.
« Il y a beaucoup de curiosité quant à savoir dans quelle mesure il va accuser l’actuel président en tant que chef du commandement conjoint. Ce dernier, qui a approuvé le projet », a déclaré Denise Namburete, directrice exécutive d’une organisation de la société mozambicaine à un média local.
La semaine dernière, deux accusés ont déclaré à plusieurs reprises au tribunal que le président mozambicain Filipe Nyusi avait joué un rôle central dans les accords. Mais le ministre mozambicain des Finances Adriano Maleiane a rejeté la faute sur son prédécesseur Manuel Chang. Celui qui avait caché la dette. « En tant que nouveau ministre, les informations dont je disposais étaient celles enregistrées dans les comptes de l’État. Le gouvernement ne payait actuellement rien pour la dette cachée. Et cela a été révélée en 2016, un an après le départ de l’ex-président Armando Guebuza », a-t-il dit au tribunal.
L’ancien ministre mozambicain des Finances, Manuel Chang, en exil, attend actuellement qu’un tribunal sud-africain décide de son sort. Pour savoir, s’il doit être extradé vers les États-Unis ou renvoyé au Mozambique. Il devrait être jugé pour son rôle présumé dans le scandale de la dette cachée.
En 2013 et 2014, trois entreprises publiques mozambicaines (Ematum, ProIndicus et Mam) ont contracté des emprunts. L’argent a été tiré du Crédit Suisse et de la banque russe VTB, entre autres, pour financer prétendument des projets de surveillance maritime, de pêche et de chantier naval. Aucun projet ne s’est concrétisé et la dette a été cachée aux donateurs publics et internationaux, qui financent la majorité du budget du pays. Jusqu’à présent, 19 personnes accusées de chantage, de faux et de détournement de fonds. Mais également de blanchiment d’argent, sont jugées par un tribunal de fortune de la prison.
Ali Maliki

