Défis, enjeux et perspectives de la proposition de la loi Tshiani de verrouiller l’accès aux fonctions de souveraineté nationale aux Congolais d’origine. Tel a été le sujet au centre des échanges entre Noël Tshiani, initiateur de cette proposition de loi, et les étudiants de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC) à Kinshasa, capitale congolaise, vendredi 20 mai.
Aux côtés de Nsingi Pululu, député national et porteur de la proposition loi à l’Assemblée nationale de la RDC, Noël Tshiani dit vouloir savoir ce que les étudiants pensent de sa proposition de loi. Et précise qu’elle vise à n’écarter personne de la course pour la prochaine présidentielle.
« La loi n’est pas faite pour Katumbi ou contre lui. Par contre, cette loi est créée pour protéger la souveraineté de tous Congolais, et aussi de promouvoir les congolais d’origine », insiste Noël Tshiani, candidat à la présidentielle de 2018, sous les regards des étudiants et quelques scientifiques.

Certains étudiants affirment comprendre l’enjeu de cette proposition, même s’ils voient en cette loi un caractère « discriminant ». « Je pense que cette conférence m’a permis de comprendre en profondeur la proposition de loi de Noël Tshani. Contrairement à ce qui se dit sur les réseaux sociaux, cette loi ne concerne pas que le poste du président de la République », confie Gustave Mukanya, étudiant en journalisme.
Mais Gustave craint que cette proposition de loi ne contienne de germes de tension. Noir de teint, Jeancy, un autre étudiant en journalisme, ne mâche pas ses mots. « Je ne vois pas l’intérêt des petits peuples en cette loi », lâche-t-il.
Pourtant, le député congolais Nsingi Pululu insiste que la proposition de loi sur la « Congolité » est censée permettre aux Congolais d’origine de diriger les différentes institutions. « Avec cette loi, comme nous commençons à la présidence, nous allons descendre, conformément à la Constitution de la République, si vous lisez l’article 90 vous verrez que le travail ne se limite pas qu’aux députés ou sénateurs. Nous avons aussi le gouvernement », argue M. Pululu.
Déposée à l’Assemblée nationale en juillet dernier, la proposition de loi visant à interdire aux citoyens, dont l’un de parents est étranger de candidater à la présidentielle, divise. Le parti de Moïse Katumbi la voit comme une tentative d’écarter leur leader au prochain scrutin présidentiel. Et menace de quitter l’Union sacrée, coalition au pouvoir, « au cas où cette proposition serait inscrite au calendrier des travaux de l’Assemblée nationale ». Mais, jusque-là, cette proposition n’a jamais été débattue à la chambre basse du Parlement congolais.
Raymond Nsimba

