Le président tunisien Kais Saied a limogé environ 57 juges, les accusant de corruption et de protection des terroristes. C’est ce qu’a rapporté le décret présidentiel ce jeudi 2 juin. Parmi les personnes limogées figure Youssef Bouzaker, ancien chef du Conseil supérieur de la magistrature, que M. Saied a dissous en février.
Dans une allocution télévisée, le chef d’Etat tunisien a déclaré qu’il avait « donné opportunité après opportunité et avertissement après avertissement à la justice pour qu’elle se purifie ».
Bachir Akremi est une autre victime importante de la purge. Des proches du pouvoir disent que le juge est trop proche du parti islamiste Ennahda et l’accusent de faire cesser les poursuites à son encontre. Ennahda et Akremi nient les allégations.
En juillet dernier, Kais Saied a destitué le gouvernement et s’est emparé du pouvoir exécutif, avant de mettre de côté la constitution de 2014 et de destituer le Parlement élu du pays. Depuis lors, il gouverne par décret, affirmant qu’il agit pour sauver la Tunisie de la crise.
Plus tôt, cette année, il a remplacé le Conseil supérieur de la magistrature dans le cadre de ses efforts pour consolider sa position. Et a également pris le contrôle de la commission électorale indépendante, indiquant qu’il va présenter ce mois-ci une nouvelle constitution qui la soumettrait à un référendum en juillet.
Les partis d’opposition et la principale organisation syndicale boycottent cette décision. L’UGTT a annoncé une grève des travailleurs du secteur public pour le 16 juin prochain. Ce qui pourrait être le plus grand défi direct à la prise de pouvoir de Kais Saied jusqu’à présent.
La Rédaction

