Le mouvement Ennahdha, parti d’opposition tunisien, a appelé à rejeter le référendum du 25 juillet prochain sur le projet de Constitution proposé par le président Kais Saeid. C’est ce qu’a dit Imed Khemiri, porte-parole d’Ennahdha, dans une conférence de presse ce jeudi 7 juillet.
Pour lui, le référendum n’a aucune référence juridique et constitutionnelle, ni n’a été construit grâce à un processus de participation. Et que même les travaux de la Commission consultative n’ont pas été pris en considération.
« Le projet de constitution offre des pouvoirs très étendus au président de la République. Il n’y a aucun contrôle à son encontre, ni la possibilité de le poursuivre en justice. Mais également l’absence d’institutions constitutionnelles ainsi que la séparation entre les pouvoirs », déplore-t-il.
Il impute le rejet du parti du fait que ce projet de Constitution instrumentalise la religion islamique. « Nous rejetons ce document, car il appartient à l’avant modernité et à l’avant-réforme religieuse, c’est un retour à l’arrière de l’arrière, un retour aux ères lointaines », déclare-t-il.
Il souligne que son mouvement considère « le référendum comme étant illégal et illégitime, et soutient le boycott, du fait que les décisions ne reposent pas sur la légalité constitutionnelle et juridique ».
Jeudi 30 juin, le président tunisien Kais Saied, a promulgué le projet de la nouvelle constitution qui sera soumis à un référendum du 25 juillet.
Mais Sadok Belaïd, chef de la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution, a indiqué que la version de M. Saied n’avait rien à voir avec celle qu’il lui avait remise.
L’opposition et des organisations de défense des droits humains ont accusé le chef d’Etat tunisien de chercher à faire adopter un texte taillé sur mesure pour lui.
Après des mois de blocage politique, Kais Saied, élu fin 2019, s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021, en limogeant le Premier ministre et en suspendant le Parlement, dominé par Ennahdha, berceau du Printemps arabe.
Ali Maliki

