La situation politique en Libye, où deux gouvernements se disputent le pouvoir, reste préoccupante et inquiète, a indiqué Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe des Nations unies pour les Affaires politiques, devant le Conseil de sécurité mardi 30 août.
D’après elle, aucun progrès n’a été fait pour l’organisation des élections. « Cette impasse représente une menace grandissante pour la sécurité dans et autour de Tripoli, et potentiellement pour tous les Libyens », a confié Rosemary DiCarlo.
Le week-end dernier, des affrontements entre groupes armés ont ensanglanté Tripoli, la capitale, faisant trente-deux morts et 159 blessés. Pour Mme DiCarlo, il semble que « ce soit une nouvelle tentative des forces pro-Bachagha d’entrer dans la capitale par l’Est, tentative bloquée par les pro-Dbeibah ».
Depuis ces événements, les deux Premiers ministres rivaux Abdelhamid Dbeibah et Fathi Bachagha se sont rejetés la responsabilité de ces combats sanglants. Depuis, la situation reste tendue et fluide.
Un « calme fragile règne à Tripoli, il est difficile de dire combien de temps ça durera », a dit la secrétaire générale adjointe de l’ONU. Elle craint que « les représailles de deux côtés et des arrestations annoncées ne provoquent de nouveaux affrontements armés ».
Face à cette situation, plusieurs membres du Conseil de sécurité ont appelé à la nomination rapide d’un nouveau chef de la mission de l’ONU en Libye. Un poste qui est resté vacant depuis la démission de Jan Kubis en novembre dernier.
En Libye, plongée dans une instabilité profonde depuis la chute il y a près de dix ans de Mouammar Kadhafi, deux camps se disputent le pays. L’un est basé à Tripoli (ouest) et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par la communauté internationale. L’autre est conduit, depuis mars dernier, par Fathi Bachagha, soutenu par le camp du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est.
Dinho Kazadi

