« Ça n’arrive pas tout le jour. Il faut saisir l’opportunité quand il pleut. C’est fluorescent, mais ce n’est qu’une courte joie », raconte Hugo, initialement vendeur de brosses à dent, mais il profite de la pluie pour vendre les imperméables.
Mercredi 22 février, une pluie diluvienne s’est abattue sur Kinshasa, capitale congolaise. Pour vaquer à leurs différentes occupations, ceux, qui ont bravé cette pluie, cherchent à se munir d’imperméable par manque d’un parapluie. « Elamba ya mbula na chapeau de bain nazo teka (je vends les imperméable et chapeau de bain) », lance Hugo, trempé, sur l’avenue Rwakadingi en plein marché central de Kinshasa.
« La concurrence est rude. Toutes les vendeuses des emballages en plastiques et de l’eau en sachet migrent dans ce business en cas de pluie. Il faut parcourir tout le coin pour épuiser le stock le plus vite possible, sinon il faudrait attendre jusqu’à la prochaine pluie », dit-il.
Les prix varient selon les vendeurs et selon la qualité de l’imperméable. Mais en général, le chapeau de bain coûte 500 Francs. Le pardessus sans capuche à 1500 francs avec cagoule, c’est à 2500. Les blouses que portent les médecins lors des interventions chirurgicales (tenue de bloc) sont également vendues. Elles se négocient entre 3 000 et 5 000 Francs congolais, même si elles ne sont pas trop efficaces contre la pluie.
Plus loin, vers l’avenue du Commerce, une jeune dame, clair de peau, sort d’une boutique d’habillement, vêtue d’un pull-over. Elle n’a besoin de couvrir que sa tête. « Chapeau de bain », s’écrie-t-elle. Deux dames vendeuses de ces articles se présentent devant elle. Elle choisit celle qui est arrivée en première. Elle fait son choix et poursuit ses courses les pieds dans l’eau.
Patrick est vendeur de T-shirt mixte, les Pieds dans la boue, arbore son imperméable, mais la tête reste non couverte. Il est un peu trempé. « Cette histoire que j’ai achetée n’est pas de bonne qualité. Mais, il vaut mieux avoir celui-ci que de rester sans imperméable. Je l’ai acheté auprès d’un vendeur ambulant. Ces gens gagnent de l’argent dans les jours comme celui-ci. Ils deviennent comme des stars. J’achète toujours les imperméables à chaque fois que la pluie me surprend au marché », confie-t-il.
« Le bonheur ne vient pas à ceux qui l’attendent assis », dit un dicton de Baden-Powell. Ces vendeurs, qui bravent la pluie à la recherche du bonheur, ont transformé ce qui paraît être un obstacle à Kinshasa en une aubaine.
Joe Kashama

