Graciés, 380 rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact) ont été remis en liberté lors d’une cérémonie organisée devant la prison de Klessoum à une vingtaine de kilomètres de N’Djamena, capitale du tchadienne, mercredi 5 avril.
Une trentaine de ces rebelles, encore en uniforme rayés blanc et noir de détenus, ont défilé devant des responsables qui leur ont remis leur certificat de libération. Les 350 autres avaient été élargis auparavant. Cette information a été confirmée par Me Vetada Vounsia Atchenemou, un des avocats de prisonniers, cité par l’AFP.
Ces rebelles ont été capturés lors d’une offensive en avril 2021 fatale au maréchal Déby et condamnés à la perpétuité pour acte de terrorisme, mercenariat, enrôlement d’enfants dans l’armée et atteinte à la vie du chef de l’Etat.
Le 21 mars, le Fact, le plus puissant d’une multitude de groupes rebelles du pays, ainsi que l’opposition et des ONG avaient dénoncé la condamnation collective de plus de 400 hommes pour la mort d’un seul, à l’issue d’un procès expéditif dans la prison de Klessoum.
Quatre jours plus tard, Mahamat Idriss Déby Itno, fils du défunt chef de l’Etat proclamé président par l’armée au décès de son père, en avait gracié 380. Entre-temps, Mahamat Mahdi Ali, chef du Fact, en fuite, et 55 autres condamnés, dont certains par contumace, ne sont pas concernés par la grâce.
En avril 2021, le Fact avait lancé, à partir de ses bases arrières en Libye, une offensive en direction de N’Djamena. L’armée les avait stoppés à quelque 300 kilomètres au nord de la capitale. Le 20 avril, l’armée annonçait que le maréchal Déby, qui dirigeait le Tchad depuis plus de 30 ans, avait été tué au front par les rebelles et nommait le général Mahamat Déby, 37 ans alors, président de la transition, à la tête d’une junte militaire de 15 généraux.
Il promettait des élections libres après 18 mois de transition mais, au terme de ce délai, il avait été reconduit à la tête de l’Etat pour deux ans de plus. Le 20 octobre 2022, une manifestation de l’opposition pour protester contre son maintien au pouvoir avait été réprimée dans le sang à N’Djamena.
Mervedie Mikanu

