Alors que le procureur général près la Cour d’appel a retiré l’avis de recherches contre Kalev Mutond, ancien puissant patron des renseignements congolais entre 2011 et 2019, l’opposant Jean-Claude Muyambo dénonce une prime à la violence et à l’impunité.
Dans la foulée, il a traduit le procureur général près la Cour d’appel en justice. « Nous sommes dans quel pays ? Où est la justice ? », s’interroge Jean-Claude Muyambo à RFI. L’opposant est clair. « Il n’a jamais demandé pardon à qui que ce soit, et on pense qu’on peut lui pardonner comme ça ? », ajoute-t-il.
M. Muyambo est catégorique. « Je ne vais jamais lui pardonner. Si je n’avais pas été fort, je serais mort en prison. Mutond doit répondre de ses actes », tranche-t-il.
Pourtant, le procureur Robert Kumbu a, dans une correspondance transmise à tous les services de sécurité, justifié sa décision par le fait que les raisons de ces recherches « ne subsistent plus ».
Les choses semblent s’arranger pour Kalev Mutond, ancien chef de l’Agence nationale des renseignements. Il y a un mois, le conseil de l’Union européenne a décidé de le retirer de ses listes de sanctions, 6 ans après.
En cavale depuis 2021, ce proche de Joseph Kabila, ancien président Joseph Kabila, avait quitté le pays, craignant son arrestation. Kalev Mutond est accusé par d’anciens détenus de tortures, arrestations, traitement inhumain et détentions arbitraires.
En 2022, il a effectué un retour négocié, d’après plusieurs sources proches du dossier. M. Kalev aurait demandé pardon à ses anciennes victimes et a obtenu d’eux un arrangement à l’amiable.
La Rédaction

