La nouvelle lois répressives contre les LGBT en Ouganda fait déjà ses preuves. Lundi 28 août la justice a annoncé l’inculpation d’un jeune homme de vingt ans à Soroti (dans l’est du pays), pour des actes « d’homosexualité aggravée ».
« Le suspect a été incarcéré », a dit Jacquelyn Okui, porte-parole du parquet ougandais, cité par l’AFP. Selon cette source, l’acte d’accusation indique que le jeune homme a eu « un rapport sexuel illégal avec (…) un homme adulte de 41 ans ».
Fin mai, le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué une loi anti-homosexualité qui prévoit de lourdes peines pour les personnes ayant des relations homosexuelles et faisant la « promotion » de l’homosexualité. Le crime « d’homosexualité aggravée » est passible de la peine de mort, sentence qui n’est toutefois plus appliquée depuis des années en Ouganda.
Malgré l’indignation des Nations unies, des groupes de défense des droits humains et de nombreux pays occidentaux suscité par cette loi, le président Museveni n’a pas reculé.
Début août, la Banque mondiale a annoncé qu’elle ne financerait plus de nouveaux projets en Ouganda à la suite de la promulgation de cette loi, estimant que ce texte « allait fondamentalement à l’encontre des valeurs de la Banque mondiale ».
Mais pour les législateurs ougandais, ce texte est un rempart nécessaire contre l’immoralité présumée de l’Occident. Le président Museveni a par ailleurs accusé la Banque mondiale de vouloir « faire pression » sur son pays. Les Ougandais « se développeront avec ou sans prêts », a-t-il dit.
Joe Kashama

