Que nous ne trouvons même pas l’intelligence nécessaire pour forger des armes contre la faim, la soif, les inondations, les injustices distributives et répétitives, les inégalités, les injustices sociales, les tempêtes, le réchauffement climatique, les violences faites aux femmes et aux hommes – oui, les hommes aussi, victimes de violences dans ce monde qui, dans un cruel paradoxe, favorise les femmes, tandis que tant d’hommes souffrent en silence, réduits à des stéréotypes qui les rendent invisibles.
Il y a tant d’armes pour ne jamais tuer les maux qui touchent l’humain, mais toujours autant d’arsenal pour faucher des vies dans une « sainte impunité » à Gaza, au Liban, en Russie, en Ukraine, au Mali, au Burkina Faso, en Iran, et surtout en RDC, ce vaste pays-monde qui rêve, désespérément, de changer sa Constitution, car sa justice est malade…
C’est parce que nous sommes le « peuple de Dieu »…
Qu’aujourd’hui, comme par un étrange hasard, l’industrie de l’armement prospère. Les fabricants d’armes ont oublié les mots « chômage », « baisse de production », « congé maladie ». Dans cette période de bonnes affaires, nul ne doit tomber malade ni prendre de repos, car il faut vider les stocks d’armes qui rouillent. Les anciennes sont soldées, offertes avec parcimonie à l’Ukraine ou à Israël, car elles peuvent encore faucher des vies. Des vies humaines, de vrais êtres humains.
Après avoir épuisé les vieux stocks, il faut produire du neuf. Car il faut encore et toujours tuer, surtout si ces hommes sont désignés comme terroristes, sans oublier de réduire en cendres toutes les infrastructures…
C’est parce que nous sommes le « peuple de Dieu »…
Que nous devons tuer les yeux fermés, maniant des armes produites à cet effet. Et puis il faut bombarder. En effleurant le ciel de nos bombes, on agit par inadvertance, mais avec une précision meurtrière. Une fois tout détruit, le FMI et la Banque mondiale interviendront, car il faut de l’argent pour rebâtir un pays. L’argent ne tombe pas du ciel, et même à l’église, ce sont les fidèles qui apportent leurs offrandes à Dieu. Un Dieu qui, étrangement, ne partage jamais, qu’il s’agisse de dons, dîmes ou cadeaux. Tout ce qui lui est offert doit sentir bon…
Et après les guerres, viendra la reconstruction, synonyme d’endettement, qui se transformera en surendettement. Les pays bombardés, où l’on tue avec légèreté, deviendront des zones rouges, ne nécessitant que des soutiens internationaux, souvent inefficaces. Rien n’est gratuit en ce monde, et pour qu’il y ait le bonheur des uns, il faut, hélas, le malheur des autres. Le soleil ne brille pas pour tous…
C’est parce que nous sommes le « peuple de Dieu »…
Que, pour au moins 2000 âmes enlevées et tuées, victimes d’une faille sécuritaire due à l’État d’Israël, ce dernier se donne le droit, sinon l’obligation, de raser Gaza, le Liban, et surtout l’Iran. La logique est simple : si l’on trouve un seul membre du Hamas ou du Hezbollah parmi deux personnes du peuple, il faut bombarder. Toujours bombarder s’il y a un seul terroriste parmi trois, quatre, cinq, six, sept, huit, ou même cinq mille, car un seul terroriste est un virus, pire que le Coronavirus. Alors, il faut seulement bombarder… après quoi, on dira que c’était une cachette de terroristes. Ce n’est ni l’ONU, ni l’Occident, ni la France, ni les USA qui viendront vérifier…
Ainsi, les industries de l’armement prospèrent, bien cotées en bourse, tandis que les banques de développement et les ONG internationales se prélassent dans le luxe sur notre misère. Et nous ne dirons rien, comme d’habitude. Vous savez pourquoi ? Moi, je le sais. Quand je dis « moi », je ne parle pas de moi directement. Disons que j’ai écouté quelque part et que je voulais partager avec vous. Car toutes ces horreurs dans le monde sont souvent dues à la Constitution mal conçue de la RDC. Il est temps de la changer. Un point, c’est tout !
Christian Gombo, Ecrivain

