Alors que le Niger et le Bénin sont en brouille diplomatique, Sahabi Oumarou, ministre nigérien du Pétrole, a annoncé l’exportation de plus de 14 millions de barils de pétrole brut produits au Niger vers le Bénin depuis le début de l’année.
S’exprimant à la télévision publique, le ministre a précisé que « quatorze cargos (navires-citernes) ont chargé 14 138 316 barils » de pétrole brut au port béninois de Sèmè-Kpodji, dans le nord-est du Bénin. La part de l’État nigérien dans ces exportations s’élève à 3 553 802 barils, le reste étant détenu par la China National Petroleum Corporation (CNPC).
En 2014, le Niger a entamé l’acheminement de son pétrole brut via un oléoduc reliant Agadem. Ce projet d’envergure, vital pour l’économie nigérienne, avait connu des perturbations temporaires en raison des tensions croissantes entre les deux pays.
Les relations entre le Niger et le Bénin se sont considérablement détériorées suite au coup d’État du 26 juillet 2023 qui a renversé le président nigérien Mohamed Bazoum. Le Niger maintient sa frontière fermée avec le Bénin, accusant Cotonou de servir de base arrière à des « terroristes » et de chercher à le déstabiliser. Ces accusations ont été catégoriquement démenties par le Bénin.
Malgré ce contexte tendu, le flux de pétrole continue, soulignant l’importance économique de l’oléoduc pour les deux pays. En janvier, l’armée nigérienne et Wapco, la filiale de CNPC, ont signé des accords visant à renforcer « la sécurisation des opérations » et des « installations pétrolières », notamment l’oléoduc lui-même, qui a été la cible d’une série d’attaques depuis l’année dernière.
Ephraïm Kafuti

