Alors que les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, continuent de gagner du terrain après la prise de Goma et de Bukavu dans l’est de la RDC, l’Union européenne annonce des sanctions contre neuf personnes en lien avec ces violences.
Selon Reuters, deux diplomates de l’Union européenne n’ont pas cité les personnes qui figureront sur la liste, conformément à la pratique consistant à ne pas révéler ces détails avant l’approbation officielle des sanctions. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient approuver les sanctions à Bruxelles lundi prochain.
Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, affirme que le bloc des 27 pays va réexaminer son accord avec le Rwanda sur les matières premières essentielles en raison des liens du pays avec le M23.
En fait, Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir cette rébellion. Le mois dernier, l’UE a convoqué l’ambassadeur du Rwanda, appelant le pays à « retirer immédiatement » ses troupes du territoire congolais et à « cesser de soutenir le M23 et tout autre groupe armé ».
Le gouvernement congolais a déclaré qu’au moins 7 000 personnes avaient péri dans les combats depuis janvier. Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations Unies, au moins 600 000 personnes ont été déplacées par les combats depuis novembre.
Depuis janvier, les rebelles du groupe M23 ont pris le contrôle des deux plus grandes villes de l’Est de la RDC, dans une escalade d’un conflit de longue date enraciné dans le débordement.
Mardi, Luanda a annoncé les pourparlers directs entre le gouvernement congolais et les rebelles. La présidence congolaise en a pris acte, ouvrant la voie à un dialogue direct avec le M23, jusque-là brandi comme la ligne rouge à ne pas franchir. D’après l’Angola, les discussions doivent débuter le mardi 18 mars.
Josaphat Mayi

