Fermé à la prise de la ville par les rebelles du M23-AFC, soutenus par le Rwanda, les travaux de déminage ont été lancés à l’aéroport international de Goma après un accord entre les rebelles et le contingent de la SADC.
L’accord, signé le 28 mars, prévoit la participation du contingent de cette organisation sous-régionale, mais aussi son retrait avec tout son matériel. Toutefois, cette collaboration avec un groupe rebelle soulève des questions sur sa légitimité et ses implications, notamment quant à la souveraineté de la RDC.
Sous couvert d’anonymat, un étudiant en droit à l’Université de Kinshasa exprime sa méfiance. « Pourquoi la SADC a conclu un accord avec les rebelles plutôt qu’avec le gouvernement congolais ? L’enjeu de la réparation de cet aéroport est très complexe. Cet aéroport est sous contrôle des rebelles, c’est le meilleur moyen que les rebelles soient ravitaillés. « Est-ce que les militaires de la SADC ne peuvent pas se retirer via la ville voisine de Kiseni, au Rwanda ? », s’est-il interrogé.
Ces interrogations mettent en lumière les préoccupations quant aux motivations de la SADC et à la possibilité que l’accord, bien qu’annoncé comme une étape vers la paix, puisse involontairement renforcer le contrôle du M23 sur la région et faciliter son approvisionnement.
Les équipes de déminage se concentrent sur le tarmac, zone prioritaire pour la sécurité aérienne. Des progrès sont constatés, mais la présence de nombreuses mines aux abords de l’aéroport continue d’entraver l’accès aux installations.
Selon le site d’information Actualité.cd la menace des engins explosifs n’est qu’un des nombreux obstacles. La réhabilitation de l’aéroport, dont les infrastructures ont été lourdement endommagées, s’annonce longue et coûteuse. La tour de contrôle, construite en 2021, a été saccagée et pillée, et une partie des installations a été touchée par des bombardements et des tirs. Des équipements militaires abandonnés témoignent de la violence des combats.
Malgré les préoccupations, la communauté internationale, dont l’ONU, insiste sur la nécessité de rouvrir l’aéroport pour l’aide humanitaire et le trafic aérien. La réouverture reste conditionnée à la neutralisation des engins explosifs et à la réparation des infrastructures.
Ephraïm Kafuti

