Kinshasa et Kigali s’accordent sur les principes d’intégration économique après l’accord politique

Après l’accord de paix, des représentants de la RDC et du Rwanda ont approuvé les principes d’un d’intégration économique régional à Washington le week-end.

 

L’accord, signé sous l’égide des Etats-Unis, prend forme. Ce cadre est l’un de ses exigences. L’accord de paix a fait suite à une longue série de trêves et de cessez-le-feu systématiquement rompus ces dernières années dans cette région riche en ressources naturelles, notamment en minerais, mais déchirée par les conflits depuis plus de 30 ans.

 

Selon le texte signé en juin, le cadre d’intégration économique régional vise à introduire « une plus grande transparence » dans les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, et doit être effectif d’ici fin septembre.

 

Vendredi, « des représentants de la RDC et du Rwanda, sous l’égide des États-Unis, ont paraphé le texte des principes du cadre d’intégration économique régional (CIER) », indique un communiqué du département d’Etat américain.

 

Selon ce texte publié par Washington, qui devra être finalisé par le biais d’un accord distinct, les parties s’engagent à « éliminer progressivement les activités illicites associées à l’extraction, au commerce, au transport et à la transformation des ressources minières, qui compromettent la paix, la sécurité et la bonne gouvernance dans la région ».

Lire aussi :  Kinshasa-Kigali : «…cet accord ouvre une nouvelle page dans les efforts de recherche de la paix» (Thérèse Kayikwamba)

 

Ces principes insistent également sur le « contrôle souverain total » des deux pays sur ses ressources naturelles ainsi que leur intention de « créer des opportunités d’investissement dans tous les secteurs », notamment l’exploitation minière. Les parties indiquent aussi que leurs actions s’inscriront dans le cadre du « corridor de Lobito », un des projets d’infrastructure américains les plus ambitieux sur le continent pour le transport de minerais.

 

Des représentants congolais et rwandais ont aussi tenu jeudi à Washington la première réunion du « comité conjoint de suivi de l’accord de paix ». « Ces étapes représentent des progrès concrets dans la promotion de la sécurité, de la coopération économique et de la recherche commune de la paix et de la prospérité », a salué sur X le conseiller de Donald Trump pour l’Afrique, Massad Boulos.

 

Les violences dans l’est de la RDC se sont intensifiées début 2025. Le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, et les troupes rwandaises se sont emparés en janvier de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, puis de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, en février.

 

La dernière offensive éclair a fait des milliers de morts selon le gouvernement congolais et l’ONU, et aggravé une crise humanitaire pour des centaines de milliers de déplacés. Kinshasa a régulièrement accusé Kigali de vouloir piller les ressources agricoles et minières de l’Est congolais.

Lire aussi :  Soudan du Sud : l’accord de paix est-il menacé ?

 

Le Rwanda continue de son côté de dénoncer la présence active dans l’est de la RDC des FDLR (groupe armé fondé par d’anciens responsables hutu rwandais du génocide des Tutsi de 1994), une des raisons avancées par Kigali pour justifier la présence de ses troupes aux côtés du M23.

 

Depuis février, le front s’est stabilisé. Mais des violences se poursuivent entre le M23 et une myriade de milices pro-Kinshasa qui mènent des actions de guérilla. Le 17 juillet, Kinshasa a signé un accord de principe avec le groupe minier américain Kobold Metals, spécialisé dans l’exploration des métaux critiques, notamment le lithium, métal star des batteries de voitures électriques.

 

Le 19 juillet, Kinshasa et le M23 ont signé une déclaration de principe à Doha, où les deux parties notamment ont réaffirmé « leur engagement en faveur d’un cessez-le-feu permanent », dont les échéances – notamment la signature d’un accord de paix « au plus tard le 17 août » ont été jugées bien courtes par les experts de la région.

 

AFP/Sahutiafrica

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