Inculpé pour détournement de fonds alloués à la construction d’une prison, Constant Mutamba, ancien ministre congolais de la Justice, va-t-il être condamné ou non ? Ce mardi 2 septembre, la Cour de cassation doit rendre son verdict.
A Kinshasa, les sympathisants de l’ancien Garde de sceau retienne leur souffle. A la veillée de la sentence, Constant Mutamba, vêtu d’un survêtement blanc, s’est recueilli devant la tombe d’Etienne Tshisekedi, opposant historique congolais et père biologique de l’actuel président congolais. Et puis, il s’est rendu au mausolée de Patrice Emery Lumumba, héros de l’indépendance de la RDC et ancien Premier ministre.
Entre-temps, les partisans de M. Mutamba se mobilisent. Depuis le Ministère public a requis 10 ans de prison contre l’ancien ministre de la Justice, ils organisent de veillées devant sa résidence. Mais dans la nuit du lundi et à mardi, ils ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène. Des images, devenues virales sur les réseaux sociaux, montrent les forces de l’ordre devant la résidence de Constant Mutamba, où des chaises sont éparpillées.
En fait, le verdict de son procès devait être prononcé le 27 août dernier. Mais la Cour de cassation avait, en dernière minute, annoncé un report. Cette journée a été aussi marquée par une vive tension entre les partisans, qui escortaient de l’ancien Garde de sceau, et les forces de l’ordre à Kinshasa, capitale congolaise.
Constant Mutamba est inculpé pour un présumé détournement de 19 millions Usd alloués à la construction d’une prison à Kisangani, dans le nord-est de la RDC. Depuis le début de cette affaire, il clame son innocence, dénonçant un complot visant à briser sa carrière politique.
Le Ministère public avait, lors de la dernière audience, requis une peine de 10 ans de prison contre l’ancien ministre de la Justice, relevant plusieurs éléments qui soutiennent son réquisitoire. Il a évoqué notamment le recours à la procédure de gré à gré au lieu de la passation des marchés publics, la conclusion du marché des constructions avec la société Zion construct qui n’a pas d’existence juridique, le virement de l’argent sur le compte de cette société au mépris de ces règles de procédure et l’exécution du marché sans avoir l’avis de son non-objection.
Mais, Constant Mutamba a rejeté ces accusations, se vantant d’avoir « rendu de bons et loyaux services au pays à la tête du ministère de la Justice ». Ses avocats ne cessent d’arguer que le Ministère public n’a pas produit des preuves pouvant conduire à la condamnation de leur client.
La Rédaction

