Poursuivi pour avoir joué un rôle majeur en 1994 dans le génocide de 800.000 Rwandais, l’extradition de Fulgence Kayishema, en vue d’un procès devant la justice internationale, a été retardée pour des raisons techniques, a rapporté un tribunal sud-africain mercredi 30 août.
Mis en place par l’ONU après le génocide, le Mécanisme international (MICT), chargé d’achever les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a demandé aux autorités sud-africaines de reconduire l’accusé à sa branche d’Arusha, en Tanzanie, pour y être jugé.
Différente d’une extradition classique, les procédures liées à cette demande ont pris de court les avocats et le parquet, conduisant à un report.
Robert Henney, juge du tribunal du Cap, n’a pas caché son mécontentement après avoir appris que la demande du parquet n’a pas encore été déposée pour lancer le processus. Mais entre-temps, la nouvelle date de l’audience se fait toujours attendre.
Kayishema est accusé d’avoir joué un rôle majeur en 1994 dans le génocide de 800.000 Rwandais en majorité tutsi par des extrémistes hutu. Maître dans l’emprunt de fausses identités, le sexagénaire, passé a reconnu être le fugitif recherché par la justice internationale mais démenti toute participation au génocide qu’il a qualifié de guerre civile à l’époque.
Le flou règne encore sur la cavale de M. Kayishema. Mais selon la justice sud-africaine, il a fondé une famille et avait demandé, sous un nom d’emprunt et en prétendant être Burundais, d’abord l’asile dès l’an 2000, puis le statut de réfugié en 2004.
En juin, M. Kayishema a demandé l’asile en Afrique du Sud pour pouvoir suspendre son extradition envisagée, selon son avocat.
Mervedie Mikanu

