«Toutes les décisions que nous avons été amenées à prendre l’ont été sous pression. Je citerai la dernière, celle qui a vu le placement de Reckya Madougou en détention. Dans ce dossier, nous avons été sollicités par la chancellerie, car le dossier ne comportait aucun élément qui pouvait nous décider à la mettre en détention. Ce n’était pas la première fois. Il y a eu pas mal de dossiers où nous avons reçu des instructions de la chancellerie», a déclaré Essowé Batamoussi, juge à la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) à RFI ce lundi 05 avril. Essowé Batamoussi accuse la chancellerie béninoise d’instrumentaliser la justice. Il a démissionné à la CRIET. Les sources confient que le juge Essowé Batamou a quitté le Bénin.
Le juge affirme qu’ils ont reçu des pressions du pouvoir dans l’affaire de l’opposante Reckya Madougou détenue pour « financement du terrorisme ». « Ce que je dénonce, c’est pour aider tant soit peu mes collègues qui sont actuellement sous pression à amener le peuple à savoir qu’ils n’agissent à leurs propres (gré), mais qu’ils ont la pression du pouvoir« , a-t-il dit. Les sources de la CRIET ne confirment pas la démission du juge Essowé Batamou. Elles indiquent « qu’aucun document n’a été déposé dans ce sens ».
Cette sortie médiatique du juge Essowé Batamoussi intervient à une semaine du scrutin présidentiel. Le président Patrice Talon se présente pour un deuxième mandat. L’opposition dénonce un scrutin verrouillé. Plusieurs grandes figures de l’opposition seront absentes. Certains sont en exil. D’autres ont vu leurs candidatures rejetées.
Trésor Mutombo

