La RDC a misé sur le concret lors du 17ᵉ Sommet des affaires USA-Afrique à Luanda, en Angola, présentant à travers Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre en charge des Transports, le Corridor de Lobito comme un levier stratégique pour son essor économique et son intégration régionale.
Appuyé par les États-Unis via le Partenariat pour les infrastructures mondiales (PGII), le projet relie la RDC à l’océan Atlantique via la Zambie et l’Angola. Il vise à désenclaver le sud-est minier congolais et à sécuriser une voie d’évacuation fiable pour le cuivre et le cobalt, qui génèrent à eux seuls près de 80 % des recettes d’exportation du pays.
Selon Jean-Pierre Bemba, le corridor « réduit considérablement les délais et les coûts de transit des minerais », offrant ainsi à la RDC un accès direct et vital au port de Lobito, tout en renforçant la compétitivité de sa chaîne logistique grâce à une liaison ferroviaire modernisée.
Dans un contexte régional marqué par l’instabilité sécuritaire, ce projet est aussi perçu comme un outil de stabilité géopolitique et de coopération souveraine entre Kinshasa, Luanda et Lusaka. « Ce corridor devient un fondement d’un partenariat stratégique pour la région », a insisté Bemba.
Le sommet, qui a réuni plus de 1 500 décideurs africains et américains, a servi de plateforme pour discuter de secteurs clés comme l’énergie, l’agroalimentaire, le numérique, la santé ou les infrastructures. Mais c’est bien le corridor de Lobito qui a retenu l’attention comme symbole d’un nouveau type de partenariat économique fondé sur les besoins africains et le soutien ciblé des États-Unis.
Le président angolais João Lourenço a salué l’initiative, la présentant comme un modèle de coopération régionale réussie. Pour Washington, il s’agit également d’une alternative stratégique aux routes commerciales dominées par la Chine.
Déjà en 2024, lors d’une réunion multilatérale tenue au port de Lobito, le président Félix Tshisekedi avait qualifié ce projet d’« opportunité unique d’intégration régionale », tout en soulignant que la paix et la sécurité régionales restent des conditions essentielles à sa réussite.
Ephraïm Kafuti

