Côte d’Ivoire: 17 ans après, ce qu’il faut savoir du bombardement de Bouaké ?

Dix-sept ans après le bombardement du camp militaire français à Bouaké, le mystère autour des commanditaires perdure. Début ce lundi 29 mars du procès sur ce bombardement devant la cour d’assises de Paris. En plus des pilotes mercenaires qui ne se sont pas présentés, à la barre également, trois anciens ministres de l’époque à savoir: Michelle Alliot-Marie, Dominique de Villepin et Michel Barnier, qui comparaissent comme témoins. En l’absence des trois principaux accusés biélorusse et ivoirien, les familles de victimes espèrent avoir « enfin des réponses » pour savoir qui a donné l’ordre aux avions de bombarder les camps?

À l’époque des faits, le campement des militaires français était installé aux abords des positions rebelles où les soldats ivoiriens, acquis à Laurent Gbagbo, tentaient de renverser militairement la situation à leur avantage en lançant l’opération « Dignité ».

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Trois hommes sont accusés par la justice française d’avoir perpétré ou encadré le bombardement: le pilote biélorusse Yury Sushkin et les ivoiriens Ange Magloire Gnanduillet Attualy et Patrice Ouei. Ils n’ont jamais été arrêtés. À l’époque, sur instruction du gouvernement français, des ambassades, militaires et agents de sécurité avaient reçu pour consigne de « ne pas se mêler de cette affaire ».

Me Jean Balan, avocat des parties civiles, dénonce un agenda caché des anciens ministres français. Pour lui, la seule explication logique demeure la volonté de certaines autorités françaises d’étouffer l’affaire et de cacher la vérité.

En France comme en Côte d’Ivoire, chacun à sa petite idée, plusieurs hypothèses sont avancées. L’une d’elle désigne une faction qui avait un intérêt politique ou financier dans l’opération. L’autre hypothèse est celle de l’enquête qui évoque des déclarations sur une somme de 50.000 dollars versées aux deux pilotes biélorusses pour bombarder le camp de Bouaké.

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Info et intox se mêlent en permanence dans ce dossier. C’est en fait l’épilogue d’un crime sans châtiment pour les parties civiles et celui d’une affaire complexe qui se présente. Les familles des victimes ivoiriennes attendent connaître enfin la vérité.

Ali Maliki

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