En Côte d’Ivoire, l’opposant Tidjani Thiam n’est plus français, selon un décret publié au Journal officiel ce jeudi 20 mars.
« Sont libérés de leur allégeance à l’égard de la France les Français dont les noms suivent : THIAM (Cheick, Tidjane), né le 29/07/1962 à Abidjan (Côte d’Ivoire) », indique ce décret signé mercredi par le gouvernement français.
La nationalité du président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, principale formation d’opposition) alimente les débats politiques dans le pays depuis plusieurs semaines.
Le 7 février, il avait annoncé avoir fait les démarches pour renoncer à sa nationalité française, afin d’être exclusivement ivoirien. Dans son article 55, la Constitution ivoirienne indique qu’un candidat à la présidentielle doit « être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirienne d’origine ».
Né ivoirien, la nationalité française lui avait été attribuée en 1987 à l’occasion d’études en France, en reconnaissance de son parcours universitaire (les prestigieuses Ecole Polytechnique et des Mines), selon son entourage. Il avait ensuite été ministre en Côte d’Ivoire (1994-1999) avant de mener une carrière dans le secteur privé en Europe.
Mais ces dernières semaines, le débat s’est déporté sur un article du code de la nationalité ivoirienne datant des années 1960. Selon l’article 48 du code ce, « perd la nationalité ivoirienne l’Ivoirien majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère, ou qui déclare reconnaître une telle nationalité ».
L’entourage de M. Thiam avait énoncé des manœuvres du pouvoir pour l’empêcher d’être candidat. La question de la nationalité a déjà été empoisonnée par le passé de la politique ivoirienne.
L’actuel président, Alassane Ouattara, accusé d’être d’origine burkinabè, avait ainsi été exclu des présidentielles de 1995 et 2000. Tidjane Thiam est pour l’heure bien inscrit sur la liste électorale provisoire publiée lundi.
La liste définitive, après examen de recours qui peut être formulée par n’importe quel citoyen, sera publiée le 20 juin. Le patron du PDCI doit encore être investi par son parti. Un bureau politique se tiendra le 5 avril pour déterminer la date de la convention d’investiture.
Il pourrait croiser le fer avec l’ex-ministre du Commerce Jean-Louis Billon, un cadre du parti qui est également candidat déclaré à la présidentielle. L’élection doit se tenir le 25 octobre 2025. Le président Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, ne s’est pas encore prononcé sur sa candidature, mais son parti le pousse à briguer un quatrième mandat.
AFP/Sahutiafrica

