Dans cette cour, tout le monde devient tout le monde. Toute personne ou tout animal qu’on castre doit savoir que seule la castration nous prive de l’essentiel. L’essentiel, c’est toujours à prendre du côté de la justice, car personne ne peut guérir une justice malade s’il est lui-même malade.
Cour de castration…
Parce que la loi, c’est la loi, et personne ne peut la piétiner en se croyant au-dessus d’elle. Personne. Même si notre richesse et notre bien-être sont constants. La seule peine aujourd’hui, c’est de voir une jeunesse castrée qui s’occupe plus du sort d’un homme que de son propre avenir. « Les couilles ont voyagé », aurait dit l’écrivain Maudit. Au Sage d’ajouter : « Il faisait crédit à ses fictions ». Conséquence : friction et frustration ! Le Congo corrige mieux que le cancer, qui en douterait ?
Cour de castration…
Parce qu’il faut castrer les ardeurs de l’inconscience collective et la fougue de cette jeunesse qui tire plus vite que son ombre, en ne visant que sa propre misère. J’ai envie d’écrire toute une littérature sur les bienfaits de la castration, mais où trouver l’argent à détourner ? L’argent des victimes d’une guerre devrait servir d’abord à ces victimes pour qu’elles vivent comme nos politiciens bien placés. En faire des prisons, c’est bien, mais… L’autre chose à castrer dans notre pays, c’est l’argent de nos politiciens ou de nos pasteurs.
Ah, si le bien-être de tous les Congolais pouvait être visible de la même façon que poussent partout dans la ville de Kinshasa des immeubles en vrai béton, sans que cela soit un problème ! Vœu sans orgasme ! Voilà pourquoi on doit tous se castrer. En passant, bonne rentrée des classes au pays à tous les enfants de nos ministres, députés, politiciens de l’Union Sacrée, politiciens de l’opposition qui ont mangé leur part du Congo, pasteurs de toute Église qui tourne bien… Parce que nous savons qu’ils sont les premiers à profiter de la gratuité de l’enseignement au pays, de la gratuité de la maternité, de la gratuité de… Pardon, ce désir est réduit aux gueux, c’était un rêve. Un rêve sans orgasme. Pardon, que la vie nous castre seulement et laissons l’ancien ministre de la justice entre les mains de la justice qu’il a guérie. Car avant lui, beaucoup ont dit que la justice était malade.
Christian Gombo, Ecrivain

